Comment a été créé Lucie et combien d'entreprises sont labellisées ?
Le label Lucie a été créé il y a quatre ans par Qualité France Association. Jusque-là spécialisée dans la délivrance de labels de qualité de produits de type AB, elle a voulu aller plus loin avec un label destiné aux entreprises engagées dans une démarche de responsabilité sociale. QFA s'est donc rapprochée de Vigeo, spécialiste de la notation extrafinancière pour construire le référentiel Lucie. Aujourd'hui, une vingtaine d'entreprises sont labellisées avec un objectif de mille en 2017.
Vous revendiquez un label Lucie aligné sur l'Iso 26 000. Qu'est-ce que cela signifie ?
Le référentiel Lucie a été imaginé en parallèle des travaux sur la norme Iso 26 000, publiée fin 2010. L'Iso 26 000 ne donne pas lieu à une certification, mais fournit une série de recommandations. D'où l'utilité de Lucie qui équivaut à un certificat avec des exigences et des seuils de performance, évalués par des acteurs reconnus comme Vigeo et Afnor Certification. Lucie est le seul label RSE, sans équivalent même à l'étranger.
Le modèle Lucie est-il exportable ?
L'Iso 26 000 est une norme internationale. Et Lucie a vocation à s'exporter. Depuis deux ans, le label Lucie est porté par une entité commerciale, l'agence Lucie, qui se consacre à sa promotion. Nous voulons d'abord asseoir son décollage en France avant de l'exporter. Nous sommes dans un contexte économique difficile, pas forcément propice, même si la RSE dispose, en la personne de Michel Barnier, d'un porte-parole à Bruxelles.
La RSE peut-elle se développer sans incitations publiques ?
Les pouvoirs publics affichent une certaine neutralité sur le sujet. Nous pensons qu'en effet il faudrait encourager la vertu. Par quels moyens ? Ce pourrait être des incitations fiscales, des obligations données aux acheteurs publics de passer par des entreprises titulaires d'un label « responsable », voire d'imposer enfin aux entreprises publiques un rapport RSE comme le prévoit l'article 225 de la loi Grenelle dont le décret peine à sortir.
Vous annoncez la création d'un label Lucie destiné aux collectivités...
En fait, le label Lucie est, comme l'Iso 26 000, adapté à toutes les organisations, qu'elles soient publiques ou privées. Il faut seulement ajuster la méthode d'évaluation aux collectivités territoriales. Tout est prêt aujourd'hui. Pour la diffuser, nous allons cibler des collectivités mâtures, déjà fortement engagées dans des politiques de développement durable.
Vous lancez une communauté Lucie. Comment l'animer ?
J'ai lancé la communauté Lucie lors de la convention annuelle. D'ores et déjà, une dizaine de personnes se sont inscrites pour participer et animer des commissions de travail. J'en espère une trentaine assez rapidement. Cette communauté poursuit trois objectifs. D'une part entretenir la flamme des labellisés, et consolider leur sentiment d'appartenance à un réseau qui partage les mêmes valeurs. D'autre part, leur confier une mission militante pour encourager l'engagement RSE d'autres organisations. Et enfin devenir des producteurs d'idées pour faire bouger les lignes. Un « think tank » Lucie proposera des modèles économiques à expérimenter et à mettre en oeuvre. En 2011, par exemple, j'ai formé les membres de la communauté volontaires à mesurer leur capital immatériel. Cette année, nous proposons une formation sur l'économie de fonctionnalité.