Les « cleantech » n'ont pas échappé à la crise en 2011. La faillite de l'américain Solyndra est, notamment, là pour le rappeler. Pourtant, selon le cabinet CleanEdge, le secteur est loin d'avoir épuisé son potentiel de croissance. Son nouveau rapport annuel montre que le chiffre d'affaires mondial cumulé des industries solaires, éoliennes et des biocarburants a progressé de 31 % en 2011, à 246,1 milliards de dollars. À lui seul, le solaire représente 91,6 milliards de dollars de revenus, soit 28 % de plus qu'en 2010. Les nouvelles installations ont bondi de 69 %, avec 26 GW au niveau mondial, ce qui illustre la forte chute des prix des modules photovoltaïques (-40 %) sous l'effet notamment de la concurrence. Selon les experts, les coûts des équipements devraient encore chuter d'un tiers. Si cette guerre des prix a placé certains industriels en difficulté, elle a aussi permis d'améliorer le seuil de rentabilité de l'électricité photovoltaïque par rapport aux sources d'énergies conventionnelles (pétrole, gaz). Les auteurs rappellent que l'industrialisation de la filière et les économies d'échelle ont permis de diviser par plus de deux le coût complet d'une installation photovoltaïque. De quoi soutenir encore le développement du secteur, dont le chiffre d'affaires mondial devrait croître de 42 % d'ici à 2021, pour monter à 130,5 milliards. À cet horizon, celui de l'éolien s'élèverait à 116,3 milliards (+27 %) et les biocarburants généreraient 139 milliards de dollars de revenus (+67 %), en raison essentiellement des hausses de prix. Au total, les trois marchés devraient représenter 385,8 milliards de dollars de revenus en 2021, soit une croissance potentielle de 56 %. Les auteurs préviennent toutefois que les autorités ne doivent pas se tromper de combat. Le secteur a besoin de solutions de financement innovantes pour jouer à plein son rôle. D'autant que le secteur des énergies fossiles américain, via le statut de master limited partnership (MLPs), a bénéficié de leviers financiers efficaces. Le projet nucléaire Vogtle a également reçu 8,3 milliards de dollars de garanties publiques, 15 fois plus que ce que Solyndra avait perçu.