La prise de contrôle de Saur s'annonce de plus en plus compliquée pour Séché Environnement. Déjà pénalisé par un financement bancaire asséché par la crise économique, le groupe de recyclage créé et présidé par Joël Séché est aujourd'hui confronté à l'opposition farouche du Fonds stratégique d'investissement (FSI), à la fois actionnaire de Séché (20 %) et de Saur (38 %). Le fonds public estime que « M. Séché souhaite disposer de cette majorité (au capital de Saur, NDLR) sans en payer le prix prévu dans le contrat qu'il avait signé ». À l'image des relations entretenues depuis plusieurs mois avec la direction de Séché, le fonds ajoute dans une déclaration cinglante : « L'argent public mis à la disposition du FSI sert au développement des entreprises, non à servir des intérêts particuliers ». De son côté, Séché condamne l'attitude du FSI. Elle lui reproche de ne pas respecter le pacte d'actionnaires qui avait été scellé en 2007 avec la Caisse des dépôts, qui a depuis transféré sa part au FSI, lors de son entrée au capital de Séché. Ce pacte prévoit de créer autour de Séché un nouveau pôle de services à l'environnement, censé pouvoir concurrencer Veolia et Suez Environnement, avec comme ambition principale l'intégration de Saur. Séché, qui rappelle avoir investi 245 millions dans Saur pour prendre 33 % du capital, se montre d'autant plus étonné qu'à l'époque c'est la CDC qui s'est approchée du groupe pour éviter que Saur passe entre les mains de fonds d'investissement étranger.
Le blocage s'est cristallisé autour des conditions financières de la montée de Séché au capital de Saur. Le groupe dispose bien d'une option pour acheter 18 % après du FSI. Mais le montant de l'opération, autour de 190 millions d'euros, a été fixé en 2007, avant la crise. Il ne reflète plus la réalité du marché, estime Séché. Un argument dont ne veut pas entendre parler le FSI, soucieux de préserver la valeur de son investissement dans Saur. Mais en jouant ainsi, le fonds s'oppose aussi à la croissance de Séché dans un nouveau métier, alors qu'il est son deuxième actionnaire, derrière Joël Séché. Un conflit d'intérêts complexe qui pourrait se solder par une sortie du FSI du capital de Séché.