Montrer qu'Autolib existe : c'est l'objectif du groupe Bolloré, le délégataire du service public d'autopartage francilien. « Jusqu'à présent, le développement commercial s'est fait par le bouche-à-oreille. Il nous semble désormais nécessaire de toucher les personnes qui ne connaissent pas le service », a expliqué le 9 mai Vincent Bolloré, P-DG du groupe éponyme, à l'occasion d'un point d'étape sur le déploiement d'Autolib. Au 31 mai, 1 740 exemplaires de sa voiture électrique Bluecar devraient circuler en Île-de-France. Côté stations de recharge, 500 sont d'ores-et-déjà installées et la cible pour octobre prochain est de 1 050. « À ce jour, nous avons eu 15 000 abonnés, dont 5 200 à l'année, ajoute Vincent Bolloré. Notre objectif est d'atteindre 30 000 à la fin 2012. » Sachant que le seuil de rentabilité est estimé à 80 000. Pour gagner ce pari, Autolib lance une vaste campagne publicitaire en Île-de-France. Mais surtout, « il s'agit d'adapter l'offre à cette montée en charge », considère Samuel Besnard, maire adjoint de Cachan (94) et administrateur au syndicat mixte Autolib. L'offre commerciale évoluera donc à compter du mois de mai. Concrètement, « en plus de la journée, de la semaine et de l'année, nous ajoutons un abonnement mensuel, précise
Morald Chibout, directeur général d'Autolib. Nous créons aussi un forfait famille, abonnement utilisable par une à quatre personnes. » Et ce n'est pas tout ! Outre une harmonisation des tarifs à la demi-heure, l'abonnement en ligne sera désormais possible. « L'objectif est maintenant de se tourner vers de nouveaux utilisateurs : les entreprises et les administrations », ajoute Samuel Besnard. Attention néanmoins à ne pas crier victoire trop vite. « Avec les voitures électriques, il y a deux dangers : les grands froids et les grandes chaleurs », concède Vincent Bolloré. L'hiver étant passé, l'entreprise surveillera maintenant attentivement l'électronique et les batteries de ses Bluecar durant l'été. Il faudra aussi valider le modèle économique. « Ce n'est pas sur les abonnements que nous gagnons de l'argent, mais sur l'utilisation des voitures », nuance le P-DG. Sur ce point, les clés de la réussite sont dans les mains des usagers.