La start-up Tenevia a présenté, pour la première fois sur le forum 4i, à Grenoble début mai, son système de vidéosurveillance des crues, développé avec le laboratoire Edytem. « Actuellement, le débit des rivières est suivi par des capteurs flottants ou immergés. Or, en cas de crue, ils sont soit détruits, soit inutilisables », explique Georges-Marie Saulnier, chargé de recherches au laboratoire Edytem, au sein de l'université de Savoie. L'idée est donc de placer une caméra optique en dehors du lit de la rivière pour surveiller le niveau des eaux. « Nous avons donc développé des algorithmes pour calculer le débit de l'eau, sa vitesse et sa hauteur », poursuit le chercheur. Le logiciel sera testé au cours de l'été 2012 sur la Meurthe à Damelevières (54), et sur la Leysse au Bourget-du-Lac (73). Mais un prototype, testé pendant cinq ans, a déjà démontré son efficacité. Toutes les douze minutes, une photo est prise. Elle permet de calculer le débit en fonction des objets flottants à la surface de l'eau, de la hauteur du niveau, et de la ligne de dépôt des sédiments. Et ce par temps de neige, de pluie, ou même en contre-jour. La nuit, la surveillance se fait grâce à un capteur infrarouge. « Avec le perfectionnement des caméras, la lumière naturelle est souvent suffisante », nuance Georges-Marie Saulnier. Un SMS est envoyé en cas d'alerte. Au-delà de la détection des crues, les données peuvent être utilisées pour la gestion des canaux d'irrigation, la gestion des étiages, des apports en eau pour l'hydroélectricité ou les centrales nucléaires, le contrôle des débuts des arrivées d'eau dans les stations d'épuration, etc. Le logiciel Tenevia RiverBoard va être commercialisé auprès des gestionnaires de barrages et des collectivités à partir de l'automne 2012.