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Rio+20 : bras de fer au sommet

LA RÉDACTION, LE 11 JUIN 2012
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Aucune ambiguïté. La conférence Rio+20 de l'ONU sur le développement durable approche dans un sentiment d'urgence écologique toujours plus pressante. « Eau, air, sol... La situation continue de se dégrader », alertait encore Jean-Patrick Le Duc, directeur des relations internationales du Muséum national d'histoire naturelle le 5 juin, lors d'un colloque organisé par Agir pour l'environnement. Il est rejoint par le Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue), qui dévoilait le 6 juin son rapport en vue de Rio+20 : « Le monde ne s'oriente pas vers une voie durable malgré les centaines d'objectifs fixés », regrette le Pnue. Les débats évoluent pourtant. Vingt ans après le premier sommet de Rio, « l'antagonisme entre développement et environnement a été dépassé », se réjouit Vaia Tuuhia, déléguée générale de l'association 4D, qui souligne aussi la prise de conscience du lien avec la question sociale. Néanmoins, « les discussions sont laborieuses entre États, constate-t-elle en coulisses. Les négociateurs sont des techniciens très bons pour défendre la position de leur pays. » Pas pour offrir la souplesse nécessaire aux compromis. C'est un véritable bras de fer qui va encore se jouer au sommet de la pyramide mondiale. L'enjeu : s'accorder sur une vision de l'économie verte. Avec deux courants de pensées : « l'économie de l'environnement » versus « l'économie écologique ». La première suscite la peur d'une financiarisation de la nature qui ne modifierait pas le modèle - social et économique - actuel. « Spéculation sur les denrées alimentaires, sur l'énergie, création des marchés carbone et bientôt, de marchés incluant les forêts et des écosystèmes entiers : les acteurs financiers s'infiltrent chaque jour un peu plus », alerte l'ONG Les Amis de la Terre. La seconde voie se pose en alternative. Elle considère le caractère fini des ressources naturelles comme un point de départ des réflexions. Une réalité des matières premières non sans conséquences : « Les discussions internationales sont de plus en plus dépendantes de la géopolitique », note Vaia Tuuhia. Pas de quoi faciliter les compromis.


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