L'exercice prend une saveur particulière à l'approche du débat national sur l'énergie. Le 5 septembre, RTE a présenté son bilan actualisé de l'équilibre offre/demande électrique. « Il ne s'agit pas de faire de la prévision. Aucun de nos scénarios ne se réalisera véritablement », cadre Pierre Bornard, directeur général délégué du gestionnaire du réseau de transport. Ce travail prospectif repose sur des hypothèses. Il indique des tendances vues du seul réseau électrique. À moyen terme, « il faut être vigilant à l'horizon 2016, résume Dominique Maillard, président du directoire de RTE. Au vu des données disponibles, il faudrait des capacités supplémentaires de 1 200 MW en 2016 et de 2 100 MW en 2017 ». Ce besoin pouvant être satisfait par de nouveaux moyens de production, la maîtrise de la demande, le stockage…? Au-delà des chiffres, les tendances livrent divers enseignements. Ainsi, la part du chauffage électrique dans les logements neufs a beau diminuer, la pointe – qui dimensionne en grande partie le réseau – continue de progresser plus vite que la consommation. Dans tous les scénarios, la croissance de la demande fléchit après 2015 dans le résidentiel. Mais la soif des ménages ne baisse qu'en cas de politique volontariste de maîtrise de la demande d'énergie (MDE). Dans le tertiaire, le gisement d'économies est évalué à 8,7 TWh d'ici à 2017 dans le scénario de référence. En cas de « MDE renforcée », il grimpe à 15,7 TWh. Le potentiel dans l'industrie dépend, lui, fortement des hypothèses macroéconomiques. A long terme, RTE compare notamment un scénario médian 2030 à celui d'un « nouveau mix », basé sur l'efficacité énergétique et les renouvelables. Sans surprise, ce nouveau mix requiert davantage d'économies d'énergie. Mais pas plus de moyens de production de semi-base et de pointe (y compris effacements). En revanche, il suppose un véritable effort en termes d'interconnexions :28 GW en 2030 contre 21 GW dans le scénario médian, à comparer aux 14 GW actuels. Ces résultats sont tout de même à prendre avec des pincettes. Depuis le bilan 2011, des écarts ont déjà été observés. Ils sont dus à la révision des hypothèses sur la croissance économique.
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