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La sortie du nucléaire ne se justifie pas économiquement

LA RÉDACTION, LE 10 SEPTEMBRE 2012
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L'universitaire Jacques Percebois a présidé la commission Énergies 2050, installée par l'ex-ministre de l'Énergie Éric Besson, sur le futur énergétique de la France. Il met en garde contre toute velléité de plafonner la part du nucléaire dans le mix. Les termes du débat national sur l'énergie sont-ils bien posés ? Le problème est qu'il existe trois conceptions de la transition énergétique  : alléger la dépendance aux énergies fossiles, émettrices de gaz à effet de serre mais sur lesquelles reposent 80 % de nos usages ; se passer de fossiles et de nucléaire en misant sur les renouvelables  ; et associer toutes les sources d'énergie, équitablement mais à faible dose chacune. Les incertitudes économiques montrent que cette dernière approche est la plus prudente. Le nucléaire a donné au pays une électricité bon marché, si bien qu'un moindre recours à l'atome – économiquement – ne se justifie pas. Il n'y a aucune raison de fermer les centrales qui fonctionnent, sauf avis contraire de l'ASN. Assigner un chiffre à la part du nucléaire dans le mix en 2020 ou 2030 est une erreur. C'est faire abstraction du progrès technique. La France a reconquis l'avance perdue en 1997, à la fermeture de Superphénix, dans la recherche sur la quatrième génération devant les Chinois, les Russes, les Coréens et les Américains. Le gaz se contentera-t-il d'être une énergie de transition ? On lui a longtemps prêté bien des vertus :moindres émissions de gaz à effet de serre, souplesse de transport et d'utilisation, meilleure distribution géographique… Mais aujourd'hui, la compétitivité des centrales à cycle combiné gaz est compromise par le charbon, dont les prix ont chuté en raison de son remplacement aux États-Unis par du gaz de schiste. D'autre part, l'intérêt du gaz comme énergie de soutien aux renouvelables est amoindri par le fait que les centrales de back-up (prenant le relais de l'éolien en l'absence de vent ou du photovoltaïque en l'absence de soleil) ne tournent pas assez dans l'année, alors que l'investissement à la construction est élevé. Enfin, les prix du gaz suivent ceux du pétrole, à la hausse. Comment développer les renouvelables à l'heure où l'éolien piétine et le solaire s'écroule ? En développant une vision industrielle  : photovoltaïque de nouvelle génération, biomasse, petite hydraulique. Regardez l'éolien terrestre. En le déployant à échelle industrielle, la filière est presque parvenue au prix de marché, à 80 euros/MWh, contre 75 pour l'EPR. Le deuxième moyen est de taxer les panneaux solaires chinois à l'entrée de l'Europe, dans le cadre de la clause de sauvegarde de l'OMC prévue pour les industries en péril. Bonifier le tarif d'achat des panneaux « made in UE » me paraît délicat, car cela pèsera encore sur la CSPE, payée par tous les consommateurs. La nouvelle directive européenne sur l'efficacité énergétique vous semble-t-elle à la hauteur de l'enjeu ? Elle va dans le bon sens, notamment en généralisant le système des certificats d'économies d'énergie. En France, on a fait le plus facile en changeant les chaudières  ; il faut maintenant s'attaquer au gros morceau  : le logement et le transport. Pour cela, je compte sur le signal prix. En rétablissant la vérité des prix – des carburants, en particulier – on montre que l'énergie est chère. Ce qui pousse à l'économiser. Et ce, dès le premier litre ou le premier kilowattheure, à l'inverse de la tarification progressive souhaitée par François Hollande. Mieux vaut aider les moins riches par des mécanismes comme le tarif électrique de première nécessité, l'exonération de CSPE ou l'octroi d'un «  chèque-énergie  ».


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