En retardant en début d'année l'appel d'offres sur de nouvelles centrales éoliennes dans les départements d'outre-mer (en raison d'une contradiction juridique avec la loi Littoral), l'État avait placé Vergnet dans une situation financière intenable. À tel point qu'il est aujourd'hui contraint de voler au secours du fabricant d'éoliennes via le Fonds stratégique d'investissement. Ce dernier, qui avait déjà investi 13 millions d'euros mi-2011 au capital du groupe, va de nouveau injecter 4,5 millions d'euros grâce à une obligation convertible en actions. Nass&Wind, qui avait également participé au tour de table en 2011 à hauteur de 5 millions d'euros, va rajouter 300 000 euros. Marc Vergnet, le président-fon-dateur du groupe éponyme, apportera 120 000 euros. De leur coté, les banques et Alstom, partenaire industriel de Vergnet dans le contrat géant gagné en Éthiopie, apportent des garanties de 5 millions d'euros chacun. Le soutien de l'État avait été affiché par la visite, sur place, à Orléans, de la ministre de l'Écologie Delphine Batho.
Obtenu de haute lutte, cet accord a été facilité par les déclarations de Jean-Marc Ayrault lors de la conférence environnementale. En plus de s'engager à lever le blocage législatif, le Premier ministre a affirmé sa volonté de relancer l'éolien dans les DOM grâce à la mise en place d'un nouveau tarif adapté de rachat de l'électricité. Une fois précisé et appliqué, ce cadre devrait permettre à Ver-gnet de relancer sa production à destination de ce marché pour lequel ses machines rabattables en cas de cyclone sont particulièrement adaptées. Grâce aux DOM, 60 % de son activité pourrait être assurée en 2014. La restructuration financière actuelle doit lui donner les moyens d'attendre cet horizon. À moyen terme néanmoins, la question de l'avenir de Vergnet se reposera inévitablement. Âgé de 70 ans, Marc Vergnet devrait progressivement passer la main tout en restant présent dans la société. Le FSI pourrait, en cas de conversion en actions de ses obligations, détenir jusqu'à 66 % du capital de la société. Il n'a pas vocation à devenir dans la durée l'actionnaire majoritaire du groupe. La question de l'adossement de Vergnet à un industriel devrait tôt ou tard être reposée.