En quoi consistent vos accords avec des constructeurs de voitures électriques ?
Il s'agit de faire qualifier nos systèmes de recharge, et surtout le protocole de communication qui s'établit entre la borne et la voiture (norme 61851-2). En effet, quand vous branchez la voiture sur la borne, il s'établit d'abord une liaison télécom qui construit l'ordre de charge : faut-il solliciter la pleine puissance ? si oui, pendant combien de temps ? etc. Les constructeurs automobiles demandent à ce qu'on se conforme à leur interface : nous avons décroché le standard « ZE Ready » pour la Zoé de Renault. Nous avons fait de même avec Ford, et bientôt avec un troisième constructeur.
Comment envisagez-vous l'acte de charge ?
La voiture électrique va complètement changer notre manière de faire le plein d'énergie. Demain, il y aura quatre manières de charger sa voiture électrique : à la maison pendant les heures creuses (« plug & sleep »), au travail (« plug & work »), pendant qu'on fait ses courses (« plug & shop »), dans la rue (« plug & walk »). Schneider Electric a présenté une offre pour chacune d'elles. Ainsi, un kit à 800 euros pour le garage du particulier. Pour le « plug & shop », nous avons contractualisé avec EDF et So-detrel pour proposer aux enseignes de grande distribution des bornes raccordées au réseau.
Travaillez-vous sur la possible restitution au réseau de l'électricité stockée dans la voiture ?
Techniquement, c'est déjà au point. Mais économiquement, nous ne sommes pas prêts : les fournisseurs d'électricité devront créer un système tarifaire qui prenne ce service en compte, et une offre d'effacement horaire qui corresponde aux moments où l'énergie du stockage en voiture alimente la maison. C'est le futur !
Croyez-vous à la production d'électricité sur le lieu même de recharge ?
Cette configuration est surtout valable pour les îles, où la problématique réseau se pose beaucoup plus qu'en métropole. Mais techniquement, il est possible de recharger une voiture électrique sur une borne surmontée de panneaux photovoltaïques. Seule condition : il faut charger de jour, à faible puissance, et de préférence par beau temps ! Sauf à passer par une batterie, ce qui complique encore l'équation économique.