RFF et FNE publient un guide pratique. A quoi et à qui va-t-il servir ?
Les enjeux environnementaux sont déjà bien présents dans la conception des projets mais la biodiversité n'était pas assez prise en compte. Et nous ne pouvons ignorer qu'un grand projet ferroviaire peut provoquer la destruction d'habitats, la rupture des continuités écologiques, voire la destruction d'espèces. Ce guide doit nous aider à cerner et hiérarchiser ces impacts en amont. C'est un outil pour toutes les parties prenantes, de RFF aux associations locales de protection de l'environnement.
Pourquoi s'associer avec FNE ?
C'est une association nationale qui rassemble 3 000 associations locales sur tout le territoire. Tous nos projets font l'objet d'une concertation avec une association locale de FNE, donc avec un ancrage territorial fort. C'est la première fois que RFF contractualise un tel partenariat, en y consacrant un budget annuel de 120 000 euros (études et mécénat). Depuis 2009, date de signature de ce partenariat de trois ans, les expériences locales menées ensemble remontent au niveau national.
Quel bilan en tirez-vous ?
Nous allons dresser le bilan complet dans quelques semaines. Cependant, nous sommes satisfaits d'avoir réussi à structurer un dialogue avec les associations le plus en amont possible. Cela doit nous permettre d'éviter de nombreux impacts, d'en réduire d'autres et de recourir le moins possible aux mesures de compensation ultimes. Autre satisfaction, ce dialogue s'est tenu dans la transparence. Nous n'avons pas acheté la paix, nous avons respecté l'indépendance de FNE.
Comment allez-vous diffuser ces bonnes pratiques ?
Elles sont diffusées à travers des informations et des formations internes qui s'adressent à l'ensemble du réseau environnement de RFF et surtout aux chefs de projets et au tissu associatif local. Elles seront organisées conjointement avec FNE et déployées en région. Les bonnes pratiques alimentent aussi les cahiers des charges que nous rédigeons pour nos concessionnaires.
Si la prise en compte de la biodiversité trouve toute sa pertinence en amont des projets, comment peut-elle se traduire sur les réseaux existants ?
C'est le grand sujet des mois qui viennent. Nous devons remettre dans les six mois un plan de modernisation du réseau à Frédéric Cuvillier, le ministre chargé des Transports. Nos propositions comprendront un volet environnemental. Mais, si sur les projets, l'environnement dispose d'un budget spécifique, ce n'est pas le cas des réseaux existants. Et c'est bien là la difficulté.