Un milliard d'euros de chiffre d'affaires dans trois ans, soit près de 300 millions de plus qu'aujourd'hui. C'est le nouvel objectif que s'est fixé Jean-Luc Petithuguenin, président fondateur de Paprec. Pour y parvenir, le dirigeant s'est adjoint le soutien financier du Fonds stratégique d'investissement (FSI). À l'occasion du quatrième tour de table du groupe en 18 ans, le FSI va injecter 100 millions d'euros en fonds propres, ce qui lui permettra de détenir 25 % du capital de Paprec. Il pourrait ajouter 50 millions supplémentaires en 2013 en fonction du rythme d'investissement de la société de recyclage. Crédit Mutuel Arkéa reprend pour sa part les participations de plusieurs actionnaires dans le holding de tête pour un montant de 50 millions d'euros. Un montage qui permet à Jean-Luc Petithugue-nin de conserver la majorité des intérêts économiques du groupe, même s'il ne détient au final que 30 % du capital.
Paprec prévoit d'investir 100 millions d'euros en un an, dont une partie en acquisitions. « L'essentiel se fera en France, précise Jean-Luc Petithuguenin. Nous resterons concentrés sur le recyclage, car c'est par la spécialisation que nous pouvons concurrencer les grands groupes comme Veolia ou Suez ». Spécialisé initialement dans les vieux papiers, le groupe a depuis élargi sa palette (plastiques, déchets de chantier, bois, métaux...). « Nous explorons toutes les directions. Nous avons par exemple récemment conclu un accord avec Bolloré et PSA dans les batteries automobiles ou avec Rhodia dans les terres rares », pointe le dirigeant. Le groupe pourrait toutefois aller plus loin. Des discussions sont engagées pour trouver un autre partenaire, nord américain ou d'Asie du sud. « Ces deux régions en retard en matière de recyclage pourraient offrir des synergies industrielles », justifie Jean-Luc Petithugue-nin. Cet accord pourrait venir s'ajouter aux 50 millions supplémentaires que le FSI injecterait en 2013. « De vraies discussions sont en cours, pas encore sur le point d'être conclues. Nous verrons à ce moment-là », évoque le président de Paprec.