Pourquoi s'implanter en Écosse ?
Les projets écossais se comptent en milliers de mégawatts, là où les français porteront chacun sur 500 à 700 MW. L'Écosse représente l'essentiel des ambitions britanniques dans l'éolien offshore. Ne gagner simplement qu'une partie d'un projet – typiquement quelques centaines de mégawatts – suffit à justifier la création d'une usine sur place. Le coût de la logistique compte pour beaucoup dans la compétitivité d'une éolienne offshore. Comme dans notre future usine du Havre, qui devrait démarrer en même temps, nous allons chercher un site où fabriquer la majeure partie des éoliennes en un seul endroit à proximité des champs. Y compris la sous-traitance. Areva bénéficie de son retour d'expérience en Allemagne, où nos activités dans l'éolien offshore sont trop dispersées. Il n'y a pas énormément d'infrastructures portuaires au Royaume-Uni capables de satisfaire ces conditions. Nous pensons donc que c'est le bon moment pour y aller.
Et pour prendre de vitesse Alstom (à qui les projets français vont vite mettre le pied à l'étrier) ?
Les technologies offshore sont complexes et la mer est un milieu difficile. C'est un marché où il faut avancer progressivement. Même des spécialistes de l'éolien terrestre, comme Vestas ou Gamesa, peinent à y percer. Je n'ai pas de conseils à donner à Alstom. Mais le marché allemand, où Areva est déjà implanté, porte sur 20 000 MW. Au Royaume-Uni, on parle de 30 000 MW. Areva y fera parti du trio de tête avec Siemens et Repower. C'est une tout autre dimension que les 6 000 MW français.
Areva a stoppé un projet australien dans le solaire (voir EMC n° 156). Est-ce pour se concentrer sur l'éolien ?
En Australie comme ailleurs, un industriel a besoin de visibilité quant au soutien des autorités. Mais nous poursuivons nos projets dans le solaire à concentration en Inde avec deux centrales de 125 MW chacune. Nous en avons aussi en développement en Afrique du Sud. Des discussions débutent en Arabie Saoudite et en Afrique du Nord. Nous avons toujours pensé que notre technologie à miroirs de Fresnel était la plus simple, celle sur laquelle il y avait des moyens de réduire les coûts. C'est aussi un produit où – excepté le miroir – l'essentiel est à construire sur place. Pour les États, l'emploi local est un argument crucial. Nous en sommes encore absolument convaincus.