L'Institut Jean Lamour d'Épinal a déposé un brevet sur des matériaux monolithiques dérivés de tanins. Le procédé utilise des tanins extraits d'écorces d'arbres, sous forme de poudres, déjà commercialisés. En mélangeant ces poudres dans l'eau en présence d'un catalyseur, d'un durcisseur, d'une huile végétale et d'un tensioactif naturel qui stabilise l'émulsion, on obtient un produit composé à 94 % de molécules d'origine naturelle. « Cette technique offre une diversité de structures poreuses encore jamais atteinte », explique Alain Celzard, professeur à l'Institut Jean Lamour et à l'université de Lorraine ayant dirigé les recherches. En effet, la taille des cellules et la densité de ces matériaux sont ajustables, avec une plage de porosité de 75 à 95 %, tout en conservant une excellente résistance mécanique. Premiers de leur genre, ces matériaux ont de nombreuses applications possibles en catalyse des procédés, car les fonctions hydroxyles présentes en surface permettent la complexation de métaux de transition. Ils pourront également piéger des métaux lourds tels que le plomb ou le cadmium dans l'eau. Enfin, leur chimie de surface rend possible des réactions de greffage pour de la catalyse enzymatique. Par ailleurs, du fait de leur porosité, ils peuvent par ailleurs servir d'isolants thermiques ou phoniques. Ils sont également utilisables en tant que pare-feu. « Nous recherchons des partenaires industriels intéressés pour développer ces matériaux en substitution aux produits synthétiques actuels », annonce Alain Celzard. Ces recherches ont été distinguées par Environnement Magazine Cleantech et l'Ademe par un prix des Techniques innovantes pour l'Environnement, remis sur Pollutec.