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CLEANTECH

Bataille dans le thermodynamique

LA RÉDACTION, LE 3 DÉCEMBRE 2012
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Le combat fait rage entre les technologies de concentration solaire (CSP pour Concentrating Solar Power). En théorie, il existe quatre grandes familles d'installations. Mais dans les faits, 96  % des centrales en activité utilisent des réflecteurs dits cylindro-paraboliques. Le procédé est éprouvé. En Californie, la centrale SEGS l'exploite depuis près de trente ans. Fin septembre, l'agence marocaine de l'énergie solaire l'a aussi retenu pour son projet de centrale de 160 MW à Ouarzazate. Toutefois, Marc Benmar-raze, P-DG de la firme française Solar Euromed, ne veut plus en entendre parler. En 2007, il projetait d'importer en France des collecteurs cylindo-pa-raboliques pour un parc solaire dans les Hautes-Alpes. Mais des tests menés par l'Ineris ont révélé que l'huile américaine utilisée comme fluide caloporteur était nocive et ne demandait qu'à s'enflammer. En outre, pour lisser la production d'électricité, voire turbiner après le coucher du soleil, cette huile transmet ses thermies à un mélange de sels fondus (nitrates de potassium et de sodium). «  On sortait de la catastrophe AZF. Les directions régionales de l'industrie étaient traumatisées dès qu'elles entendaient parler de nitrates  », se rappelle-t-il. Pour éviter de coller une image négative à une filière prometteuse, les pouvoirs publics l'incitent à revoir ses plans. Cinq millions d'euros plus tard, la société repart à zéro et cherche un procédé sans sel ni huile, en intégrant directement de l'eau dans le tube receveur. Plus question dès lors de miser sur le modèle cylindro-pa-rabolique. Car, comme le tube tourne sur lui-même pendant la journée, un mélange diphasique  eau et vapeur poserait des problèmes de cavitation (formation de bulles) et donc de casses matérielles. La PME bourguignonne opte pour des réflecteurs linéaires de Fresnel, miroirs plans qui pivotent tandis que le tube reste immobile. Lauréate fin juillet d'un appel d'offres de la CRE, elle va enfin construire une centrale en Corse, baptisée Alba Nova 1. Puissance : 12 MW. La société Cnim s'est elle aussi laissée séduire par le procédé à lentilles de Fresnel. Depuis 2010, elle possède un prototype à la Seyne-sur-Mer (Var) et elle vient de recevoir l'appui de l'Ademe pour construire un démonstrateur de 1  MW (projet eCare). Son objectif  : prouver que des centrales de moins de 50 MW peuvent remplacer les groupes électrogènes très utilisés dans les pays d'Afrique du Nord, du Proche et du Moyen-Orient, ou en Inde. «  Avec la technologie Fresnel, tout est moins sophistiqué, estime Roger Pujol, directeur de la division solaire de Cnim. Il y a un seul fluide à maîtriser contre trois en cylindro-parabolique (huiles, sels fondus et vapeur). Les légères déformations à donner aux miroirs peuvent être réalisées sur place. Et même l'acier de la structure est plus basique.  » Autre avantage, la solution des lentilles de Fresnel permettrait de valoriser plus facilement la main-d'œuvre locale. En Inde, Areva Solar construit la première tranche de 125 MW d'une centrale qui devrait à terme en produire 250. Son argument phare  : un prix ultra-compétitif grâce à la génération directe de vapeur et à des composants simples et standards… Une vraie différence avec la technologie cylindro-parabolique, phagocytée par le duopole de fabricants de tubes Schott et Siemens. «  Si certains constructeurs tournent le dos à la technologie cy-lindro-parabolique, c'est surtout pour se démarquer de l'offre internationale bien rodée », préfère analyser Dominique Rochier, directeur de la recherche chez Exosun. Dans cette bataille, les technologies à focale ponctuelle jouent les trouble-fêtes. Elles ne recourent pas à un tube receveur, mais à un point focal qui recueille davantage de rayons du soleil. Là encore, deux modèles coexistent  : les collecteurs paraboliques et les centrales à tour. Parmi les grands défenseurs de ces dernières, figure Alstom. Le groupe français a pris en 2010 une participation dans Brightsource, dont le projet californien Ivanpah combinera trois unités de 126 MW. La première sera connectée au réseau en 2013.


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