Il y a la politique : « Ce matin, un séminaire interministériel a fait le point sur les annonces faites lors de la conférence environnementale », déclarait le 4 décembre Delphine Batho. La ministre de l'Écologie l'assurait : « Il y aura désormais tous les trois mois un tableau de bord de la transition écologique, avec des indicateurs de croissance verte. Le gouvernement veut créer 100 000 emplois en trois ans dans les éco-industries, l'efficacité énergétique, le génie écologique ». Et il y a la réalité des marchés : « Tout le monde évoque la croissance verte pour créer des emplois et réindustrialiser la France. Mais nous, entrepreneurs, constatons sur le terrain que c'est difficile », assène Frédéric Utzmann. Le dirigeant de Certinergy, spécialiste des certificats d'économie d'énergie, préside la nouvelle association France Énergie Nouvelle. Celle-ci a été créée pour fédérer les PME et startups des « cleantechs ». Une quarantaine d'entreprises seraient déjà intéressées. « Être une PME est difficile en France », où la part belle est faite aux grands groupes, note le président de France Énergie Nouvelle. Par ailleurs, les écotechnologies font face à des difficultés supplémentaires, « qui tiennent souvent à des marchés très fermés, dominés par des positions oligopolistiques », dénonce Frédéric Utzmann. Mais aussi à des temps de cycle longs : « Développer une nouvelle technologie demande du temps et des capitaux importants », souligne-t-il, constatant qu'il est « plus facile de réaliser des prototypes à l'étranger ». France Énergie Nouvelle cherche à rassembler les entrepreneurs partageant « le même constat et les mêmes ambitions ». L'association cible des sociétés au chiffre d'affaires inférieur à 50 millions d'euros, mais visant de fortes croissances dans les années à venir. En parallèle, elle travaille à formuler des propositions sur des problématiques transversales : ouverture des marchés publics aux PME, financement, soutien à l'export, évolution sans à-coups des réglementations. Elle va aussi surveiller la création de la Banque publique d'investissement, en espérant que les PME aient une place de choix dans sa gouvernance.