Le Fonds Bois est prêt du but. Le véhicule d'investissement de CDC Entreprises avait été lancé en 2009 afin de structurer la filière française du bois. Il vient de réaliser son avant-dernière opération de financement. Il a investi 1,2 million d'euros en obligations convertibles dans PMS, une scierie de feuillue spécialiste du chêne. Une première pour le fonds dans ce métier. L'opération doit permettre de renforcer les fonds propres de cette société alsacienne qui transforme chaque année 20 000 m3 de grumes pour les négociants en matériaux de construction, fabricants de panneaux de bois ou parqueteurs. Des « marchés difficiles », estime Isabelle Ginestet-Naudin, directrice déléguée de CDC Entreprises. D'où la nécessité pour l'entreprise de développer de nouveaux produits. Les fonds financeront la construction d'une deuxième unité de transformation, en association avec Chêne Concept, qui a développé un processus de collage du chêne pour les usages en extérieur, en remplacement des essences exotiques. Après PMS, un dernier investissement interviendra dans les prochains mois. Le Fonds Bois aura alors atteint l'objectif qui lui avait été assigné. Il a investi 14,4 millions des 20 millions dont il avait été doté par le groupe Eiffage, le Crédit Agricole, l'Office National des Forêts (ONF) et le Fonds Stratégique d'Investissement. Et 13,4 millions d'euros de fonds propres, venant de co-investissements privés, ont été ajoutés. Au total, huit PME/PMI françaises de première et deuxième transformation du bois ont profité de cette ressource. L'intervention de ce fonds sectoriel a permis de réaliser pour près de 140 millions d'euros d'investissements productifs. Son intervention doit permettre de structurer un secteur d'entreprises de taille modeste et souvent familiales, fragilisées par la crise et la concurrence internationale. Selon lui, les retombées attendues devraient se mesurer dans 3 à 4 ans, mais il espère une croissance significative de la consommation et de la transformation du bois français dans une logique de circuits courts, un chiffre d'affaires et une valeur ajoutée accrue pour la filière.