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La taxe suscite peu d'enthousiasme

LA RÉDACTION, LE 1er JUILLET 2013
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« La mesure prise aujourd'hui est destinée à insuffler, en urgence, une bouffée d'oxygène salutaire à un secteur industriel européen gravement affecté par ce dumping », annonçait le 4 juin Karel de Gucht, commissaire européen au Commerce. La mesure  : des taxes prévisionnelles imposées sur les wafers, cellules et panneaux photovoltaïques importés de Chine suite à la plainte anti-dumping déposée par la coalition EU Prosun en juillet 2012. En France, comment a été accueillie cette annonce  ? Le secteur industriel est déjà à l'agonie. Alors qu'il employait 6  700 personnes en 2010, ce chiffre est tombé à 1  000 aujourd'hui, selon le Syndicat des énergies renouvelables (SER). «  Cette mesure protégera les fabricants français et européens. Toutefois, elle est provisoire et les industriels doivent poursuivre leurs efforts de R&D pour faire diminuer le coût des installations  », estime Jean-Louis Bal, président du SER. Pour Richard Loyen, délégué général du syndicat Enerplan des professionnels de l'énergie solaire, «  l'enquête anti-dumping est pertinente mais, dans une période de consolidation du marché mondial, nous avons besoin d'un accord. Pas d'un droit de douane. Pour les industriels, cette mesure entraîne encore plus d'incertitudes ». De leur côté, les entreprises d'installation et d'ingénierie (qui représentaient en 2010 deux tiers des emplois de la filière française) voient les prix des modules s'envoler. Selon l'indice Photon, le prix des panneaux monocristallins et polycristallins (chinois ou non) a augmenté respectivement de 15 % et 11 % depuis janvier 2013 sur le marché allemand. « Ces chiffres reflètent bien l'augmentation que nous avons subie », confirme Pascal Martin, président d'Armorgreen, entreprise qui conçoit et installe des centrales photovoltaïques. «  La taxe aurait été une excellente idée en 2006 ou 2007, lorsque le marché a émergé en France. Aujourd'hui, c'est une mesure complètement stupide, sachant que les deux tiers des volumes installés dans l'Union Européenne viennent de modules chinois. On a coupé l'approvisionnement chinois alors que l'industrie européenne ne possède pas les capacités de production suffisantes pour prendre la relève ». En France, l'effet sur les volumes installés devrait dépendre de la taille des centrales. Pour celles de 9kWc ou moins, « il devrait être minime. Le marché est peu pénétré par les produits chinois » estime Richard Loyen. En outre, le bonus de 5 ou 10 % sur les tarifs d'achat pour le «  made in Europe  » limitera les surcoûts. De 9 à 100 kWc, le tarif d'achat de l'électricité (16 ou 17 centimes d'euros / kWh jusqu'au 30 juin) est jugé « trop faible, avec ou sans taxe sur les modules chinois » par le délégué général, qui note que le tarif est plus élevé pour les projets de plus de 100 kWc, attribués par appel d'offres. Pour ces derniers, la taxe n'aura aucun impact sur le volume des projets retenus, mais pourrait mettre en péril l'équilibre financier des projets déjà validés. Quant aux nouveaux appels d'offres, les propositions de prix tiendront vraisemblablement compte de l'augmentation du prix des modules. Au final, l'impact de cette taxe devrait donc être plutôt limité en France. Le prix des modules augmentera, mais les acteurs souffrent surtout de l'instabilité réglementaire. « Les modules plus chers, le discrédit du gouvernement sur le solaire, les «arnaques» de certains vendeurs empêchent le marché de redémarrer », dénonce Lionel Reynaud, directeur technique pour l'installateur Energ'ethics. Cette taxe constitue en elle-même une incertitude. Elle est fixée à 11,8 % du 6 juin au 6  août, période pendant laquelle la Commission européenne souhaite faire aboutir des négociations avec la Chine. Dans le cas contraire, le taux sera relevé en moyenne de 47,6  % jusqu'à la décision du Conseil européen, qui rendra ces droits définitifs ou non au plus tard le 5  décembre 2013. Et cette validation est d'ailleurs loin d'être acquise, comme le soulignait le 11  juin le ministre de l'Économie en Allemagne Philipp Rösler : «  Dans six mois, on s'apercevra très vite que la plupart des pays membres se positionnent pour la négociation et contre les sanctions ». Il a rappelé qu'à l'heure actuelle, 17 pays européens désapprouvaient ces taxes.


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