Une nouvelle voie s'ouvre pour Theolia. Le producteur d'électricité à partir d'énergie éolienne va passer sous le contrôle du groupe financier australien Macquarie. Le projet d'offre publique d'achat amicale, qui porte à la fois sur les actions et sur les instruments de dette cotés à la Bourse de Paris, représente un montant total de 335 millions d'euros, dont 224 millions d'euros de reprise de dette. Le rachat devrait être totalement bouclé dans les prochains mois. Cette prise de contrôle paraissait inéluctable pour Theolia, quasiment quinze ans après sa création. L'entreprise était surendettée en raison de la stratégie de croissance à marche forcée imposée par son ancien président-fondateur Jean-Marie Santander, aujourd'hui à la tête de Global Eco Power. Conséquence : le producteur éolien était totalement entravé dans son développement. Le rachat par Macquarie permettra de refinancer la dette du groupe, et notamment de faire face à l'échéance de remboursement de son emprunt obligataire du 1er janvier 2015 d'un montant de 109,4 millions.
« Quand nos moyens financiers seront disponibles, non pas seulement pour rembourser des dettes, mais également pour financer sans aucune contrainte notre développement rentable, nous aurons la possibilité de l'accélérer significativement », espère le directeur général de Theolia, Fady Khallouf, qui conservera les commandes de la société. Meif4, fonds de Macquarie à l'origine du projet d'OPA, gère un portefeuille d'un montant total de 2,75 milliards d'euros d'actifs diversifiés. Les nouveaux projets qui vont être lancés par Theolia commenceront à produire du chiffre d'affaires et de la marge opérationnelle d'ici 18 à 24 mois, indique Theolia. La société n'a pas dégagé de résultat positif depuis 2010. Elle exploite un parc installé d'éoliennes de 307 MW pour compte propre : 145 MW en Allemagne, 87 MW en France, 50 MW au Maroc et 25 MW en Italie. À cela s'ajoute le parc de 337 MW de l'allemand Breeze Two Energy, récemment acquis, ainsi que 625 MW pour compte de tiers. Theolia dispose enfin d'un portefeuille de projets de 730 MW, dont 160 MW de permis déjà obtenu, pour les deux tiers au Maroc.