Une solution alternative à l'enfouissement des plaques d'amiante-ciment attend son développement dans le laboratoire du Cerege, le Centre européen de recherche et d'enseignement des géosciences de l'environnement, une UMR mixte CNRS-Université d'Aix-Marseille. Développée en collaboration avec l'INP Toulouse, elle transforme directement les plaques d'amiante-ciment (contenant de la chrysotile, un silicate de magnésium) en silice de haute pureté. « La réaction nécessite un réacteur fermé, un acide, une température comprise entre 125 et 150 °C, et une pression de 15 bars », présente Joëlle Carpena, co-inventeur du procédé au sein du Cerege. La température et la pression sont ajustées en fonction des proportions d'amiante et de ciment. « Après quelques heures, l'objet a gardé sa forme, mais c'est une plaque souple, aisée à découper, composée à 95 % de silice amorphe, de 5 % de silice cristallisée, sans oxyde de fer », poursuit Joëlle Carpena. Ce matériau peut être utilisé pour la fabrication de panneaux photovoltaïques, de verres spéciaux, de condensateurs électriques, comme charge dans les pneus, etc. Quant au coproduit de la réaction, c'est un liquide contenant des ions magnésium, fer, aluminium ou titane, qui peuvent être précipités. « Ces solides sont d'excellents pièges à métaux, efficaces pour dépolluer des eaux et des sols pollués », poursuit la scientifique. Le procédé, breveté et récemment primé par Innov'Eco, n'attend qu'un partenaire industriel intéressé pour passer en phase pilote.