Les professionnels du recyclage entrevoient des jours meilleurs. Durement touchés par le double effet de la baisse des volumes traités et du repli du prix des matières secondaires, provoqué par la récession économique en Europe, les grands groupes du secteur notent des signes de reprise de l'activité. Après s'être contractés de 3,5 % au premier trimestre, les volumes de déchets ont un peu augmenté au deuxième trimestre, a expliqué Veolia Environnement lors de l'annonce de ses résultats semestriels. Résultat : le chiffre d'affaires de sa division Propreté n'a cédé que 1,1 % au premier semestre. L'an dernier, le rythme de déclin dépassait régulièrement les 2 %. Même constat chez Suez Environnement. Jean-Louis Chaussade, le directeur général du groupe, fait l'hypothèse d'un « léger rebond de l'activité économique au deuxième semestre, qui se traduirait par une baisse des volumes un tout petit peu plus faible qu'au premier ». Les volumes traités par Suez Environnement en Europe ont reculé de 3,8 % au premier semestre, une baisse principalement concentrée sur la collecte industrielle.
Cette reprise entraperçue est cruciale pour le secteur, dont la plupart des grands acteurs sont engagés dans de douloureux programmes d'économies depuis trois ans pour tenter de limiter l'impact de la baisse des volumes sur les marges. Chez Suez Environnement, chaque baisse de 1 % des volumes traités ampute de 30 millions d'euros son résultat brut d'exploitation annuel. Pour un groupe comme Veolia, l'activité recyclage représente à elle seule un tiers de son bénéfice d'exploitation. Selon les analystes de la banque d'affaires américaine Morgan Stanley, chaque augmentation de 1 % de la production industrielle en Europe augmente de façon quasi proportionnelle les volumes de déchets produits. Or, pour Veolia, 1 % de hausse du chiffre d'affaires dans le recyclage génère entre 15 et 18 millions d'euros de bénéfice net. Un effet de levier majeur quand on sait que le groupe dirigé par Antoine Frérot prévoit de compresser sa base de coûts cette année d'un montant de 170 millions d'euros nets.