La technologie McPhy Energy sort des laboratoires…
Nous venons en effet de présenter le premier produit de notre gamme hydrogène industriel. Connecté à un électrolyseur de 12 m3 /h, il peut stocker 100 kg d'hydrogène sous forme de disques d'hydrure de magnésium solide. C'est exactement la configura tion commerciale. Il s'adresse aux in dustriels utilisant l'hydrogène comme matière première. Ce produit est le fruit du projet Pushy, lancé avec Oséo en 2010, qui comprend deux volets : celui qui vient d'aboutir et la génération d'hydrogène à partir d'énergies renou velables. Cette deuxième phase sera mise en place à partir de l'an prochain.
Quelle stratégie industrielle accompagnera ce développement commercial ?
Depuis le 1er octobre, nous avons le contrôle d'Enertrag HyTec, la filiale d'Enertrag qui fabrique des électro lyseurs de grande taille. Plus précisé ment, l'opération n'est pas une acquisi tion, mais un transfert d'activité. Nous ne reprenons pas le passif de l'entre prise, mais récupérons son personnel, son nom, ses références industrielles…
Fin 2012, McPhy annonçait déjà l'acquisition d'un fabricant d'électrolyseur…
Oui, nous avions alors fait l'acqui sition de l'italien Piel. Il produit des électrolyseurs dans une gamme de 0 à 500 kW. Enertrag HyTec est plu tôt sur des capacités de plusieurs mégawatts. Sa plus grande référence est 6 MW. Nous voulons positionner McPhy comme un équipementier de la filière hydrogène, en couplant sa technologie de stockage à des électro lyseurs. Avec Piel et Enertrag HyTec, nous avons une gamme complète.
Quels sont vos objectifs de ventes ?
Je ne donnerai pas de chiffres précis, mais considérez qu'un électrolyseur de 1 MW coûte environ un million d'euros. Au-delà de l'hydrogène indus triel, McPhy cible deux marchés. D'une part, le « power to gas », c'est-à-dire la transformation d'électricité en hydro gène injecté dans le réseau de gaz. Nous avons signé un accord de coopé ration avec Enertrag pour développer le concept d'hydrogène éolien. D'autre part, la mobilité, via des stations service à hydrogène. Nous allons bien tôt disposer d'une première référence, puisque nous allons équiper l'aéroport de Berlin d'une unité de stockage en fin d'année et d'un électrolyseur au prin temps prochain. L'Allemagne a choisi l'hydrogène comme vecteur énergé tique. En France, la situation com mence à évoluer. L'association Afhypac a lancé une réflexion pour définir l'in frastructure la plus pertinente pour la mobilité hydrogène.