La réunion qui se tient ce lundi 14 octobre au ministère de l'Écologie viendra-t-elle à bout de l'imbroglio sur les Dasri ? Cette filière vise à organiser et à financer la collecte des déchets d'activité de soins à risque infectieux (Dasri) des patients en autotraitement. Elle aurait dû démarrer au plus tard le 30 septembre 2013, la loi Grenelle l'ayant annoncée pour le 1er novembre 2011 ! Las, aujourd'hui, s'affrontent les pharmaciens d'officine, les collectivités et l'éco-organisme Das-tri. Les points de collectes sont un des points d'achoppement principal. Avant la création de la filière, un réseau volontaire, couvrant plus ou moins la moitié de la France, avait été constitué. Or, le cahier des charges de l'agrément fixe un objectif de 5 000 points de collecte, avec un maillage de 15 km ou 50 000 habitants. Une petite difficulté supplémentaire pour pimenter la construction du réseau : si une officine collecte déjà les Dasri, l'éco-organisme ne peut pas refuser les autres officines du secteur. S'il n'y en a pas, il n'est pas tenu d'en accepter. Or, les officines font bloc : soit les 22 500 établissements sont points d'apport, soit aucun. « C'est financièrement possible ! Si on se base sur les coûts constatés en région Paca, et dans le département de la Charente, qui ont mis en place une collecte dans toutes les pharmacies volontaires, le coût total, avec l'hypothèse que 70 % des pharmacies d'officine soient volontaires, se situe entre 4,25 et 5,95 millions d'euros. Donc tout à fait compatible avec le budget de 10 millions prévu par l'éco-organisme », calcule Gilles Bonnefond, président d'un des syndicats de pharmaciens, l'USPO. En attendant, le réseau des 1 000 points de collecte mis en place par les collectivités, à l'origine prévu pour servir d'appoint, est en train de devenir le dispositif principal. « Sachant qu'aucun soutien n'est prévu pour les collectivités, nous ne sommes pas loin de recommander de se retirer de cette REP », s'insurge Nicolas Garnier, délégué général de l'association Amorce. Chez Dastri, on joue l'apaisement. « Les autorités vont trancher », assure Laurence Bouret, sa directrice générale.