Pourquoi avez-vous construit un référentiel RSE régional ?
Les entreprises régionales engagées dans une démarche RSE utilisent des référentiels très divers, tout comme les collectivités développent leurs propres outils pour intégrer des critères RSE dans leurs politiques publiques. C'est pour mieux coordonner ces initiatives que la Région a souhaité lancer une démarche de concertation, d'abord pour valider la pertinence d'un référentiel adapté au territoire et ensuite le construire. En partenariat avec le Comité 21, nous avons donc chargé Audencia Nantes d'animer le projet.
Pour quel résultat ?
Nous avons fonctionné comme pour la mise en œuvre d'un Agenda 21 avec un comité d'acteurs, un comité des parties prenantes, un comité de pilotage et des ateliers de travail. Au cours des débats, la pertinence d'un référentiel Pays de la Loire, pour les acteurs qui revendiquent leur appartenance à ce territoire particulier, a été reconnue. Le référentiel régional élaboré comprend les domaines classiques du social, de l'environnement, de l'économique et de la gouvernance, mais nous y avons ajouté un volet territorial. Cette dimension peut notamment se concrétiser en privilégiant les achats auprès de fournisseurs locaux ou encore en favorisant l'embauche des jeunes ou l'insertion. Notre approche n'est pas spectaculaire, mais pragmatique et opérationnel.
En parallèle, vous avez créé un fonds d'investissement RSE…
En effet, nous avons créé avec France Active, le département de Loire-Atlantique, Nantes métropole et plusieurs banques, le Fonds régional d'investissement Pays de la Loire RSE. Il est destiné à faciliter le financement de projets d'entreprises reconnues comme responsables au regard du référentiel. Les entreprises disposent d'ailleurs d'un outil d'autoévaluation en ligne*. Celles qui souhaiteront bénéficier d'un financement devront apporter la preuve de leur engagement, à travers un certain nombre de documents obligatoires.
Comment la Région elle-même va-t-elle utiliser ce référentiel ?
La Région va prendre en compte ce référentiel dans l'ensemble de ses politiques publiques, en particulier dans son dispositif d'aides. C'est le cas de la commission régionale d'évaluation des aides, la Cresa, qui a pour objectif de contrôler l'utilisation des aides publiques. Le référentiel de la commission va se mettre en cohérence avec le référentiel RSE. Les contrats de progrès, que nous signons avec des entreprises qui bénéficient d'une aide de plus de 100 000 euros, seront également soumis à ce référentiel. Notre dispositif Dynamic entreprises, qui offre un accompagnement personnalisé pour doper la performance des PME, intègre dorénavant un module RSE. Enfin, nous allons soutenir la création d'une plateforme web qui va lister les formations des acheteurs et faciliter le référencement des entreprises régionales responsables sur la base du référentiel.
Quelles sont les prochaines étapes ?
Nous allons commencer par diffuser le plus largement possible le référentiel, en suivre l'appropriation pour pointer très vite les points de blocage s'ils existent. Et nous organisons le 27 février prochain la journée RSE DD Pays de la Loire. Cet événement présentera les bonnes pratiques et outils à disposition, tant pour les collectivités que pour les entreprises et remettra les trophées DD et RSE.