Ils ont des activités a priori différentes. Quatre industriels se retrouvent pourtant autour d'un même projet de production de biocarburants à partir de graisses animales et d'huiles alimentaires usagées. Sofiprotéol, Electrawinds, Akiolis et Mindest se sont associés pour créer AD Biodiesel. La société sera opérationnelle d'ici à la fin de l'année. Elle est détenue à 60 % par Sofiprotéol, numéro un en Europe du biogazole. Le reste du capital appartient pour 20 % à l'énergéticien Electrawinds (éolien, biomasse, solaire), Akiolis et Mindest contrôlant chacun 10 %. Chaque partenaire apportera son savoir-faire. Akiolis et Mindest assureront l'approvisionnement en graisses animales par voie fluviale, Akiolis en tant que collecteur de résidus organiques issus des filières alimentaires, Mindest en tant que spécialiste du traitement des déchets industriels, notamment de l'agroalimentaire. Electrawinds raffinera les graisses sur son site d'Ostende (Belgique) et Sofiprotéol se chargera de l'estérification sur son site de Venette (Oise), puis de la commercialisation du biocarburant. Le groupe devra pour cela convertir son atelier, ce qui nécessitera un investissement de 8 millions d'euros. Le démarrage de la production est prévu au plus tard pour le début 2015. Elle devrait atteindre environ 80 000 tonnes. Dans l'intervalle, l'estérification d'AD Biodiesel sera assurée par Electrawinds.
Le marché français des biocarburants à partir de graisses animales et d'huiles alimentaires usagées représente 140 000 tonnes, avec un taux d'incorporation limité à 0,35 % dans les carburants d'origine fossile, rappelle Sofiprotéol. Sa croissance reste limitée par la disponibilité des matières premières. Mais la création d'AD Biodiesel doit permettre de s'engouffrer dans cette petite brèche et d'offrir une diversification à Sofiprotéol. Sa première activité, la production de gazole à partir de matières végétales (colza…), a en effet été pénalisée par la décision française de limiter à 7 % la part d'agrocarburants dans les transports, contre 10 % pour l'objectif initial de l'Europe. Sa filiale Diester Industrie avait ainsi dû lancer cet été un plan de restructuration. La naissance d'AD Biodiesel devrait préserver 17 postes sur le site de production.