Suspendu. Le 29 avril, Alstom et DCNS devaient officialiser la signature d'un partenariat dans les énergies marines renouvelables. Le rendez-vous a finalement été annulé la veille, compte tenu de l'actualité financière d'Als-tom. Cela « ne remet pas en question la stratégie de DCNS dans les énergies marines renouvelables, et l'éolien flottant en particulier », a précisé DCNS. Pour Alstom en revanche, la priorité est aujourd'hui ailleurs. Le 24 avril, « en réponse à certaines spéculations récemment relayées dans la presse », Alstom annonçait un point à venir le 7 mai sur « les perspectives de ses différentes activités ». Tout s'est précipité avant cette date. Alstom a demandé la suspension de son titre en Bourse. Puis, l'industriel a formellement exprimé son choix de se recentrer sur son activité ferroviaire. Et sa branche énergie ? Elle est à vendre.
Ses initiatives avaient pourtant été nombreuses, ces derniers mois, dans les énergies marines. En septembre, il signait un accord avec ScottishPower Renewables pour l'installation d'hydroliennes dans une ferme pilote en Ecosse. En novembre, il finalisait l'installation de son éolienne offshore au large de la Belgique. Après des essais à terre dans les Pays de la Loire, il s'agissait de confirmer le comportement de la machine dans un environnement marin. En décembre, enfin, Alstom signait un protocole de collaboration exclusive avec STX France pour la fourniture de pièces de fixation de son éolienne offshore à ses fondations. L'industrialisation de l'éolienne était alors prévue pour l'été 2014. Mais le contexte a changé. Alstom a reçu le 30 avril de General Electric (GE) une offre ferme d'achat de sa branche énergie. Pour 12,35 milliards d'euros, GE reprendrait ses activités dans les turbines à vapeur et à gaz, l'éolien, l'hydroélectricité et la transmission d'électricité. La réunion des actifs « très complémentaires » des deux groupes créerait « une entité plus compétitive », a défendu Patrick Kron, le P-DG d'Alstom. Par exemple, le Français est positionné sur l'éolien offshore tandis que l'Américain l'est sur le terrestre. Le conseil d'administration d'Alstom a chargé un comité d'administrateurs de procéder, d'ici à la fin mai, à un examen « approfondi » de l'offre de GE. Il a aussi « pris connaissance d'une déclaration d'intérêt de Siemens », qui pourra soumettre une offre ferme d'achat. Mais GE a officiellement pris une longueur d'avance dans ce feuilleton qui pourrait encore réserver des surprises.