Quel bilan tirez-vous de vos résultats financiers ? Nous continuons d'améliorer la rentabilité de la société. C'est le fruit des investissements que nous menons dans le développement de nos produits et dans les filiales à l'étranger. L'entreprise est spécialisée dans l'instrumentation pour l'environnement, donc très liée à la réglementation. Depuis trois ans, nous sommes en croissance de 10 % par an. Environnement SA est positionnée sur des secteurs porteurs : l'air et le suivi des émissions industrielles. En général, quel que soit le pays, un cercle vertueux s'engage : un besoin de mesurer la qualité de l'air amène à identifier des sources de pollution, donc à s'intéresser notamment aux émissions industrielles. Et, peu à peu, à s'intéresser à de nouveaux types de particules. L'avancée des connaissances fait qu'un pays ajoute régulièrement des polluants sur sa liste et la tendance voudra toujours qu'il cherche à les réduire, donc à les mesurer.
Dans quels pays cette tendance est-elle la plus marquée ?
Le marché français est mature. Nous sommes depuis longtemps très orientés vers l'export, qui représente deux tiers de notre chiffre d'affaires. Nous sommes présents en Inde depuis une vingtaine d'années. La Chine, où nous avons créé une filiale en 2009, figure dans le top 5 des zones où nous faisons les meilleurs résultats. À eux seuls, Chine et Inde représentent 20 % de notre chiffre d'affaires, dont la répartition géographique est toutefois assez bien équilibrée. Ainsi, nos ventes à l'export se répartissent à 36 % pour l'Asie, 30 % pour l'Europe hors France, 20 % pour l'Amérique du Nord, 10 % pour le Moyen-Orient et le solde pour les autres parties du monde. En Europe, la situation est très encadrée, mais rien n'empêche un pays d'aller plus loin. La France, par exemple, a mis l'accent sur le suivi de la dioxine. Les établissements concernés doivent s'équiper en conséquence, l'échéance arrive mi-2014 et cela profite à notre société.
Et le secteur de l'eau ?
L'eau reste un marché en devenir, faute de réglementation pour le stimuler. En tout cas pour ce qui concerne la mesure automatique, sur laquelle Environnement SA se positionne. Il existe bien des textes quant aux procédures par prélèvements, mais il n'en est pas de même pour la mesure en continu. Cela dit, avec Jean-Louis Chaussade de Suez Environnement, je pilote le plan sur l'eau du programme de Nouvelle France industrielle du gouvernement. Il ne s'agit pas de prospective, mais de s'appuyer sur des initiatives et prototypes existants pour développer la filière à un horizon de cinq ans. Nous aimerions que ce travail aboutisse, avec la publication de la feuille de route, en mai. En tout cas, avant l'été.