Il y aura bien une suite au rapport Bardy, qui avait conclu à la nécessité d'organiser le secteur du papier en filière afin de gagner en compétitivité. Après six mois de travail, durant lesquels le député de Maine-et-Loire avait mené plus de cent entretiens, son rapport avait été remis en septembre 2014 aux ministres de l'Écologie et de l'Économie, Ségolène Royal et Emmanuel Macron. Serge Bardy y a identifié pas moins de 34 mesures, dont la première conditionne toutes les autres : la nomination d'un chargé de mission pour mettre en œuvre les propositions du rapport. L'annonce a été faite le mardi 27 janvier dernier, devant toutes les parties prenantes de la filière. « Nous avons reçu une douzaine de propositions, et finalement retenu Raymond Redding (photo), ex-directeur général délégué du groupe La Poste. Par ailleurs, lors des auditions, nous nous sommes aperçus qu'un chargé de mission seul serait insuffisant. Nous avons donc proposé un conseiller spécial pour le dialogue social et la RSE », a indiqué Serge Bardy.
Ces deux animateurs sont en outre accompagnés par un collège d'experts (voir Carnet page 10). « Il y a un travail très important à réaliser pendant les six premiers mois du projet, qui devrait durer deux ans en tout », poursuit Serge Bardy. « Aujourd'hui, les choses sont beaucoup trop compliquées pour être menées par une seule personne. Il faut chasser en meute. Le facteur clé du succès, c'est la volonté d'agir, a souligné dans une salle particulièrement attentive Raymond Redding. Si nous n'y arrivons pas, certains vont connaître des difficultés mortelles. » Ce qui est déjà le cas, par exemple, du site de Chapelle Darblay d'UPM : il a décidé d'arrêter l'une de ses machines de fabrication de papier journal recyclé haut de gamme. Certaines des mesures préconisées par le rapport ont été proposées sous forme d'amendements au projet de loi sur la transition énergétique, qui est examiné en février au Sénat. Ils portent notamment sur l'obligation pour l'État et les collectivités territoriales d'atteindre au moins 25 % de papier recyclé dans leurs achats en 2017, et 40 % en 2020 ; ou l'obligation du tri à la source des papiers de bureau. « La filière est aujourd'hui en pleine crise, mais le tri augmente. Ecofolio veut être le catalyseur de cette nouvelle filière, et il faut profiter de la nouvelle période d'agrément, dans deux ans, pour décider de la politique industrielle à mener et des investissements à réaliser », a soutenu Géraldine Poivert, directrice générale de l'éco-organisme Ecofolio.