Capter le dioxyde de carbone (CO2 ) dans les fumées des cheminées est l'une des voies étudiées pour diminuer les émissions de ce gaz à effet de serre. Le projet de recherche Interreg SapiCO2 avance pour cela sur une voie originale : la captation directe du CO2 dans les fumées par une réaction de carbonatation accélérée. Les carbonates ainsi formés pourraient être valorisés dans des matériaux de construction. Ce projet de recherche réunit l'université de Greenwich, la société Carbon8, en Grande-Bretagne, et l'université de Picardie Jules-Verne. Doté d'un budget de 860 000 euros débuté en 2013, il doit terminer, d'ici à la fin de l'année 2015, une étude prospective et de faisabilité du recyclage des cendres d'incinération. La carbonatation est une réaction naturelle où le CO2, en présence d'eau, forme de la chaux, puis des matières calcaires. La technologie de carbonatation accélérée (ACT), brevetée par Carbon8, fait interagir le CO2 des fumées avec les minéraux présents dans des déchets pour former des carbonates. La réaction a déjà été démontrée par Carbon8 grâce à un pilote, qui utilise de CO2 en bouteille, et plusieurs types de déchets : boues sidérurgiques, fines de carrière, bauxite, cendres de papier, de biomasse ou poussières métalliques. L'unité, d'une capacité de production de 36 000 tonnes/an, produit déjà des granulats dont la granulométrie est maîtrisée, et dont les blocs de construction sont commercialisés. « Le prochain enjeu est de tester ce procédé sur des fumées industrielles. La réaction nécessite un taux de CO2 de 10 %, ce qui est compatible avec les fumées de combustion de la biomasse, qui contiennent entre 10 et 15 % de CO2 », indique Alexandra Bourdot.