Thierry Lepercq, le président-fondateur de Solairedirect, veut changer de braquet. La participation d'investisseurs institutionnels de haut vol, comme l'américain BlackRock ou la Caisse des dépôts et consignations, lui a certes permis de mobiliser près d'un milliard d'euros de financements pour développer 487 MW de projets solaires depuis sa création en 2006. Mais son manque de fonds propres empêchait la société d'investir durablement dans ces infrastructures photovoltaïques. La cession des projets une fois financés et mis sur pied le privait des rentrées d'argent générées par la vente de l'électricité produite. La levée de fonds d'un montant de 175 millions d'euros, qui est attendue lors d'une introduction à la Bourse de Paris d'ici à la fin du semestre, permettra de débrider Solairedirect. Les actionnaires, comme Demeter Partners ou Aster Capital, en profiteront pour vendre une partie de leurs titres.
Avec ces fonds propres, la société pourra investir au capital de ses propres projets, voire de centrales photovoltaïques développées par des tiers. Ainsi, 150 millions d'euros d'investissements sont programmés sur la période 2016-2017. Avec ce nouveau modèle, Solairedirect se dit en mesure de détenir entre 450 et 500 MW photovoltaïques dans son propre bilan d'ici à la fin 2017, contre 95 MW prévus pour la fin mars 2015. Son résultat d'exploitation passerait de 6 millions à plus de 45 millions. Cette montée dans la chaîne de valeur doit améliorer le profil bénéficiaire du groupe. Et lui permettre de financer ensuite d'autres projets, au moment où l'électricité photovoltaïque est devenue compétitive par rapport aux énergies fossiles dans de nombreux pays, avec des prix oscillant entre « 60 et 90 dollars le kilowattheure », chiffre Thierry Lepercq. La filière profite notamment de la baisse du prix des composants. Entre 2006 et aujourd'hui, le coût des modules achetés par Solairedirect a ainsi chuté de deux tiers. De même, les frais de financement, qui représentent encore près de la moitié du coût d'un projet, bénéficient de l'environnement actuel de taux bas.