Certaines fonctionnalités de ce site reposent sur l’usage de cookies.
Les services de mesure d'audience sont nécessaires au fonctionnement du site en permettant sa bonne administration.
ACCEPTER TOUS LES COOKIES
LES COOKIES NÉCESSAIRES SEULEMENT
CONNEXION
Valider
Mot de passe oublié ?
EAU

Eau et énergie : les stations de montagne au pied du mur

LA RÉDACTION, LE 1er JANVIER 2008
Archiver cet article
Newsletters
Toute l'information de cette rubrique est dans : Hydroplus
Victimes et coupables à la fois : les communes de montagne sont parmi les premières touchées par le réchauffement climatique en France, mais aussi des actrices de ce dérèglement. « Le fait qu'il y ait de moins en moins de neige en montagne donne le vertige à tout le monde, soulignait la secrétaire d'État à l'Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, lors d'un déplacement en Savoie le 23 novembre dernier. Cela met une image sur le phénomène du réchauffement climatique. » D'où une responsabilité particulière des communes de montagne. Agir, certes, mais comment ? Pour mettre en exergue les bonnes pratiques et informer les vacanciers souhaitant choisir des stations « écolo », l'association Mountain Riders (à ne pas confondre avec Mountain Wilderness, lire p. 49) a publié un Guide vert des stations de montagne (lire encadré). « Son but est de montrer ce qui peut être fait et d'inciter à aller plus loin », indique Laurent Burget, responsable du pôle recherche environnement. Les communes qui souhaitent y figurer répondent à une centaine de questions chiffrées, et acceptent d'être évaluées par un organisme extérieur. Cinquante-cinq l'ont déjà fait Dix bilans carbone Dix stations se sont récemment engagées dans un bilan carbone, en collaboration avec l'Ademe et l'Association nationale des maires des stations de montagne ( ANMSM). Une pré-évaluation du bilan carbone des stations de Saint-Martin-de-Belleville (Les Menuires et Val-Thorens), réalisée en août 2007, a montré que les trois quarts des émissions n'ont pas lieu sur place, mais entre le domicile et la station. Logique, quand 60 % des vacanciers viennent en voiture. D'où l'intérêt des transports collectifs entre les gares et les villages de montagne, mais aussi des zones piétonnes et de toutes les incitations à prendre le train. Les communes de montagne ne se rattrapent pas par leur dynamisme en matière d'énergie renouvelable. Ainsi, seules 10 sur les 55 figurant dans le Guide vert possèdent une chaufferie au bois. Et ce, malgré la disponibilité de la ressource et l'intérêt pour l'emploi local. De même, l'ensoleillement important en montagne ne semble pas favoriser l'installation de panneaux solaires thermiques ou photovoltaïques, qui restent anecdotiques. Pourtant, avec des toits suffisamment pentus, la neige ne recouvre pas ces panneaux. Quelques communes font cependant des efforts. Ainsi, deux immeubles de l'Opac de Val-Thorens sont équipés de chauffe-eau solaires, tandis que Chamonix et Les Houches subventionnent le solaire thermique ou photovoltaïque ou les chauffages au bois des particuliers, pour des montants variant de 650 à 1 500 euros. Enfin, qui dit montagne dit relief, donc hydroélectricité. Si la plupart des sites favorables sont équipés depuis longtemps, rien n'interdit quelques initiatives originales. Comme celle de Valloire, qui a installé une micro-centrale turbinant les eaux usées (lire EM n° 1654, p. 29). Aux sports d'hiver, l'efficacité énergétique est encore moins à l'honneur que les énergies renouvelables. Les consommations moyennes des logements testés par Mountain Riders s'élèvent à 270 kWh/m2/an, contre 200 pour la moyenne des logements français. Les basses températures que connaît la montagne ne sont pas seules en cause : beaucoup de stations datent des années 70 ou 80, lorsque l'énergie était bon marché et les économies d'énergie, une idée ringarde. De nombreux logements disposent donc d'une isolation sommaire et de simples vitrages. Là encore, des dispositifs incitatifs seraient les bienvenus. Comme neige de culture au soleil S'il est une question qui fâche, c'est bien celle de la neige artificielle (aujourd'hui rebaptisée « neige de culture », car désormais officiellement exempte d'adjuvant). C'est une question vitale pour de nombreuses stations de moyenne montagne, qui voient leur fréquentation fondre comme neige au soleil dès que l'enneigement n'est pas au rendez-vous. Or, la situation s'avère de plus en plus fréquente en dessous de 2 000 mètres d'altitude. Et les gestionnaires de ces stations savent bien que la diversification des activités de tourisme ne suffira pas à compenser le manque de neige. D'où une tendance à multiplier le nombre de canons à neige. Le ministère de l'Écologie, sans s'opposer formellement à la neige de culture, met en garde contre une fuite en avant des stations les plus vulnérables. « Les stations de moyenne montagne ne rattraperont pas leur problème d'enneigement avec des canons à neige, prévient Nathalie Kosciusko-Morizet. Le réchauffement climatique est inéluctable, attention aux investissements lourds et sans avenir. » D'autant que la production de neige de culture consomme beaucoup d'énergie et provoque parfois des conflits d'usage de l'eau. Or, les usages potables et sanitaires priment sur le reste. Côté qualité, en revanche, les investissements commencent à payer. « La qualité de l'eau en montagne s'est nettement améliorée ces dernières années », observe Laurent Burget. Reste que 20 % des stations d'épuration en montagne ne sont pas conformes. Comme pour toute zone touristique, il faut surdimensionner les équipements, d'où des coûts importants. Pour que ces investissements ne soient pas hors de portée des petites collectivités, la communauté de communes du Briançonnais a fait jouer la solidarité, en reprenant la compétence assainissement. Elle prévoit la construction de quatre nouvelles stations d'épuration d'ici à 2014, ainsi que la modernisation de son réseau. Se concentrer sur l'urbanisme Les stations doivent en outre favoriser un urbanisme concentré, plutôt qu'un étalement. La réhabilitation des stations construites dans les années 70 ou 80 devrait donc primer sur la construction de nouvelles habitations. « Malheureusement, on voit encore des stations qui construisent des milliers de lits », regrette Laurent Burget. Certaines défiscalisations encouragent encore cet investissement dans le neuf. La station des Gets, en Haute-Savoie, a elle décidé de limiter autoritairement la délivrance de nouveaux permis de construire, notamment parce que la ressource en eau est insuffisante pour alimenter de nouveaux habitants. Une décision courageuse, face à la pression des promoteurs immobiliers et des particuliers. Diminuer ses propres impacts, c'est bien. Mais pas suffisant. « Les stations de montagne sont le bon endroit pour faire de la pédagogie, car le réchauffement climatique y est déjà sensible, souligne Nathalie Kosciusko-Morizet. La demande des usagers pour des stations écologiques n'est pas encore exprimée, mais elle est déjà là. » Pionnières par la force des choses, les communes de montagne n'ont pas le choix : elles ont l'obligation d'être exemplaires.


PARTAGER :
À LIRE ÉGALEMENT
Avis des pros/2 | Une hypervision intelligente pour une gestion durable de l’eau
Avis des pros/2 | Une hypervision intelligente pour une gestion durable de l’eau
Un nouveau siège pour Eau de Paris, au cœur de la résilience hydrique parisienne
Un nouveau siège pour Eau de Paris, au cœur de la résilience hydrique parisienne
Réseaux d'eau : la chasse aux fuites par fibre optique
Réseaux d'eau : la chasse aux fuites par fibre optique
Le SIAAP et l’Agence de l’eau Seine-Normandie renouvellent leur partenariat pour la période 2025-2030
Le SIAAP et l’Agence de l’eau Seine-Normandie renouvellent leur partenariat pour la période 2025-2030
TOUS LES ARTICLES EAU
Les plus lus