La baie de Quiberon est un lieu très fréquenté pour la pêche à pied et elle compte de nombreux conchyliculteurs. « Les plages sont parfois fermées pour la pêche à pied. L'objectif est de savoir pourquoi, de connaître la provenance exacte de la pollution et de déterminer des priorités pour traiter ces problèmes », explique Élise Chaminant, responsable du projet Comcoq chez Saur, délégataire du syndicat pour l'assainissement.
La directive baignade de 2006 exige déjà la réalisation de profils de baignade, obligatoires depuis 2011, qui classent les plages selon leur qualité sur la base de deux paramètres microbiologiques (Escherichia coli et entérocoques intestinaux). « Mais, d'une part toutes les communes ne les ont pas encore réalisés, d'autre part l'étude de risques pour les coquillages est très réduite et, enfin, l'échelle communale limite la compréhension des phénomènes de pollution. »
MOBILISER LES ACTEURS LOCAUX
C'est pourquoi le projet s'étend sur une entité hydrogéomorphologique plus cohérente pour la modélisation de la pollution, la côte Est de la presqu'île de Quiberon. Il concerne six communes du syndicat (Saint-Philibert, La Trinité-sur-Mer, Carnac, Plouharnel, Quiberon, Saint-Pierre-Quiberon) et une vingtaine de partenaires à l'échelle du territoire (conseil général, professionnels de la pêche, du tourisme, agence de l'eau, Ifremer...). D'un coût de 150 000 euros, Comcoq est financé à 75 % par le syndicat mixte, le reste étant pris en charge par l'Agence régionale de santé et le fonds européen pour la pêche.
CIBLER LES ACTIONS CORRECTIVES
Dans un premier temps, une compilation des données a été réalisée au printemps 2011 : profils de baignade, réseau de surveillance microbiologique de l'Ifremer, météo...
Un protocole a ensuite été établi avec l'Ifremer afin d'effectuer, au cours de l'été 2011, des campagnes d'analyses bactériologiques d'eau mer, d'eau pluviale aux exutoires et de coquillages (palourdes, coques, huîtres). La corrélation statistique est établie en décembre 2011 et la modélisation des pollutions interviendra en janvier 2012. Le projet se terminera en mars. « Nous pourrons alors prévoir les contaminations en fonction de différents paramètres (pluie, vent, marée, courant...), hiérarchiser les situations à risque et mettre en place des actions correctives ciblées, notamment sur les raccordements aux réseaux d'eaux pluviales. », anticipe la responsable de Saur.
AMÉLIORER LA COMMUNICATION
Comcoq doit également contribuer à l'information des professionnels et des pêcheurs à pied de loisir. D'après trois enquêtes de terrain, 67 % d'entre eux manquent d'informations sur la qualité sanitaire des coquillages pêchés. Le projet prévoit de proposer des moyens de communication : « La démarche Comcoq est une première en matière de gestion préventive. On peut imaginer la mise en place d'un serveur pour la gestion prévisionnelle du risque coquillage sur la baie, en lien avec le modèle de gestion active de la qualité des eaux de baignade Omer. » Et cette démarche a vocation à être reproduite sur d'autres côtes.