Jusqu'au 30 avril prochain, nous sommes tous invités à donner notre avis sur l'avenir de l'eau et des milieux aquatiques. Cette consultation, la troisième du genre après celles de 2005 et 2008, doit contribuer à la révision des schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux (Sdage) qui fixent les grandes orientations de la politique de gestion de l'eau dans chaque bassin. La synthèse des contributions va permettre, à partir du bilan intermédiaire du Sdage en cours jusqu'en 2015, déjà dressé par chaque agence, d'élaborer un nouveau projet de schéma directeur pour la période 2016-2021.
Pour ce faire, le questionnaire en ligne sur les sites des agences de l'eau comprend à la fois une partie générale sur les enjeux nationaux de la protection de la ressource et des questions plus spécifiques à chaque territoire. Par exemple, l'agence Rhin-Meuse s'intéresse à la coopération entre États riverains du Rhin et de la Meuse. Et si comme toutes les autres agences, elle cible les pollutions diffuses, elle veut aussi savoir si nous sommes prêts à changer nos habitudes en jardinant plus proprement ou en achetant des produits agricoles locaux. L'agence de l'eau Seine-Normandie questionne sur la gestion des eaux pluviales et sur la solidarité entre usagers qui pourrait aller jusqu'à un prix unique de l'eau. Adour-Garonne et Artois-Picardie pointent les substances dangereuses dans l'eau. Loire-Bretagne interroge sur la poursuite des économies d'eau et le stockage hivernal de l'eau. Enfin Rhône-Méditerranée et Corse pose carrément la question du prix de l'eau au regard du service rendu. C'est dire que de la plus générale à la plus directe, toutes les questions sont posées. Reste à connaître le niveau de participation nationale. Si sans surprise, ce sont plutôt des citoyens déjà sensibilisés aux enjeux de la gestion de l'eau qui répondent, la participation est aussi directement liée à la notoriété de la consultation. En 2008, une campagne nationale d'information avait permis de susciter près de 400 000 réponses sur l'ensemble du territoire. Cette année, la réduction drastique des budgets de communication rendent l'exercice plus incertain. Et pourtant, il faudra bien s'habituer à donner son avis. En effet, la nouvelle loi sur la participation du public est parue au JO du 28 décembre dernier. Elle prévoit que toutes les décisions de l'État ayant une incidence sur l'environnement seront mises en consultation.