« Avec la convention franco-allemande signée le 5 novembre dernier, nous allons capitaliser sur les travaux transfrontaliers entrepris depuis vingt ans et anticiper la disparition de crédits européens. Notre coopération tech nique se marque ainsi d'une volonté politique forte de pérennisation », juge Lucienne Gartner, chargée des dossiers transfrontaliers pour la protection des eaux souterraines à la Région Alsace. Car l'Allemagne comme la France sont soumises à un objectif commun, le bon état de la nappe rhénane en 2027.
La qualité de cet aquifère est surveillée depuis 1991 dans le cadre de cette coopération qui implique côté français, l'Alsace, maître d'ouvrage des travaux, le BRGM, l'agence de l'eau Rhin-Meuse et la Dreal et, outre-Rhin, deux institutions du Bade-Wurtemberg. Quatre inventaires transfrontaliers se sont déjà succédé à un rythme d'un tous les six ans, en 1991, 1997, 2003 et 2009. Les résultats pour 2009 ont été présentés en novembre dernier. Sur la nappe entre Bâle et Mayence, il a porté sur 1 850 points de mesure, dont près de 750 en Alsace. Quel constat ? « Nous n'observons aucune évolution significative à l'échelle transfrontalière depuis 2003. Près d'un tiers des points de mesure dépasse encore les limites de potabilité sur 90 paramètres », souligne la responsable. Sur les nitrates, la situation s'améliore cependant lentement depuis 2003. Pour fournir des outils d'aide à la décision aux ges tion naires de la nappe, l'évolution des principaux polluants a été modélisée jusqu'à 2050. Différents scénarios ont pu être élaborés au sein du projet Interreg IV Logar (liaison opérationnelle pour la gestion de l'aquifère rhénan), le 10e programme transfrontalier mené sur la nappe. Bouclé fin décembre après trois ans de recherche, Logar a montré qu'en réduisant de moitié l'apport de nitrates sur les zones les plus contaminées de la nappe, celle-ci pourrait atteindre le bon état en 2027. Ce qui ne sera pas le cas si les pratiques agricoles actuelles perdurent, avertit le modèle.
La coopération transfrontalière fonctionne bien sur le Rhin. Autre preuve, le programme transfrontalier de redynamisation, lancé en 2009 pour redonner sa vie d'antan au Vieux Rhin. Ce programme qui a mobilisé 3 millions d'euros, dont 50 % de fonds européens et 17 partenaires publics et privés français et allemands, s'est terminé fin novembre. Les simulations et les premières réalisations sur la bande concernée de 45 km confirment que réalimenter en sédiments l'ancien lit largement asséché par les aménagements successifs du fleuve peut restaurer ses fonctionnalités écologiques passées et augmenter sa biodiversité. Parmi les actions lancées, figurent l'injection de galets et de graviers, la réinondation d'anciens bras et une érosion maîtrisée : elle consiste à créer volontairement des brèches dans la digue de correction pour Pub Codra_Hydroplus_Sept 20 laisser les crues éroder les berges dans une certaine proportion. Cette opération inédite en Europe fait partie des mesures environnemen-f 1 22/08/2012 15: 15: 01 tales compensatoires d'EDF à l'occasion du renouvellement de sa concession de la centrale hydraulique de Kembs (Haut-Rhin).