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EAU

Des larves fluo pour détecter les micropolluants

LA RÉDACTION, LE 1er JANVIER 2013
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Des larves fluorescentes pour détecter des micropolluants ? Cela semble farfelu, mais c'est l'objectif du projet Biottope. Celui-ci veut détecter en continu, à la sortie des stations d'épuration, la présence de micropolluants. D'une durée de deux ans et demi, ce projet Life reçoit 1,2 million d'euros de financement par la Commission européenne. L'autre moitié est financée par les deux partenaires : Veolia et la société Watchfrog. Le prototype a été installé en janvier 2013 dans la station d'épuration de Bruxelles-Nord. Les micropolluants, peu traités par les stations d'épuration, sont des contaminants chimiques ou biologiques qui, même à faible concentration, peuvent être toxiques pour l'environnement. Des analyses chimiques permettent de détecter certains d'entre eux. Mais le projet Biottope accompagnera ces analyses classiques d'un procédé innovant pour cibler en particulier les perturbateurs endocriniens. « L'annexe X de la directive-cadre sur l'eau, qui répertorie les substances dangereuses prioritaires, sera mise à jour début 2013. Et parmi les 15 molécules candidates, la moitié sont des perturbateurs endocriniens connus », explique Luis Castillo, expert en micropolluants émergents chez Veolia Environnement. « Ne sachant pas si certaines autres molécules sont aussi des perturbateurs endocriniens, il est difficile d'évaluer la contamination par analyse chimique. » Pour pallier ce problème, la société Watchfrog, partenaire de Biottope, a développé un nouveau système. « Nous ajoutons à des œufs d'amphibiens et de poissons, un biomarqueur ADN. Ainsi, une fois dans l'eau, les larves deviennent plus ou moins fluorescentes selon le dérèglement de leur système endocrinien. Il suffit alors de mesurer l'intensité de la fluorescence pour connaître le niveau de contamination de l'eau, quelle que soit la nature des molécules en cause », explique Gregory Lemkine, P-DG de Watchfrog . Cette entreprise analyse déjà des échantillons grâce à cette technique. Mais Biottope permettra de connaître le niveau de contamination en continu. « Un prélèvement d'eau sera dérivé vers deux réservoirs contenant les larves. Un lecteur de fluorescence analysera les larves lors de leur passage de l'un à l'autre. L'exploitant connaîtra le taux de contamination de l'eau grâce à une échelle simplifiée », explique Gregory Lemkine. Les larves devront être renouvelées toutes les deux semaines. Le projet vise également à évaluer l'efficacité d'Actiflo Carb, la technologie à charbon actif développée par Veolia pour le traitement de ces micropolluants. Pour cela, ils placeront ce système de lecture en flux avant et après le filtre et procèderont à des analyses chimiques complé-men taires pour évaluer le taux d'élimination. Les premiers résultats seront disponibles à l'été 2013.


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