La réglementation n'impose qu'une surveillance des micropolluants et non leur élimination des eaux usées, mais les industriels travaillent déjà à des solutions en vue d'une évolution probable. Le projet Zhart, lancé le 29 novembre dernier, en fait partie. Accompagné par le pôle de compétitivité Dream (Durabilité de la ressource en eau associée aux milieux), Zhart découle d'un premier essai probant d'élimination des micropolluants à travers une zone humide artificialisée en sortie de Step.
« En 2009, la zone humide Libellule a été installée à l'aval de la station de Saint-Just, dans l'Hérault. Le projet a montré la disparition des micropolluants après le passage dans la zone humide », explique Daniel Villessot, président du pôle Dream. Plus de la moitié des molécules quantifiées ont ainsi été éliminées à plus de 70 %.
Le projet vise à mieux maîtriser l'interaction entre l'écosystème et les subs tances : trouver des plantes spécifiques par type de polluants et établir une cinétique de disparition de chacun pour optimiser l'efficacité du système. « Il faut à la fois une garantie de traitement et une faible emprise au sol pour être compétitif face aux traitements classiques, comme les techniques membranaires, l'ozone ou le charbon actif », poursuit Daniel Villessot. Qui reste néanmoins prudent. « Cela ne sera peut-être pas la panacée pour tous les micropolluants, mais permettra, sous conditions, d'être efficace sur certains d'entre eux. » À l'instar des traitements classiques, cette solution est carboneutre et crée de la biodiversité.
Après une phase de modélisation, une phase terrain est prévue avec l'installation de zones test sur quatre à cinq stations d'épuration. Zhart, porté par Suez environnement, associe Lyonnaise des eaux, Eurofins Scientific, des la bo ra toires d'études (Leres et Citeres) et deux PME, Nymphea (producteur de plantes aquatiques) et Rive (bureau d'étude). Il bénéficie d'un budget de 2,2 millions d'euros sur 28 mois.