La Ville de Rodez (Aveyron) veut mettre à profit le relief montagneux pour produire de l'énergie en introduisant une microturbine dans son réseau d'eau potable, en amont de sa station de potabilisation. Première en Midi-Pyrénées à se lancer, la commune bénéficie au titre du programme régional Preludde (programme régional contre l'effet de serre et pour le développement durable) d'un soutien du conseil régional à hauteur de 33 225 euros pour financer l'installation d'une pompe turbine couplée à une génératrice pour un investissement d'environ 160 000 euros. « Issue des captages dans le Lévézou, l'eau acheminée par gravité sur une cinquantaine de kilomètres avec un dénivelé de 160 mètres arrive à l'usine de traitement, située en dessous des captages, avec un débit de 350 m3 / heure et une pression d'environ 15 bars » explique Benoît Legeay, responsable de la régie municipale de l'eau à Rodez. Le dispositif doit permettre une production d'environ 350 000 kWh/ an. La ville de Rodez, qui espère revendre l'électricité ainsi produite à EDF pour une recette estimée à près de 25 000 euros, est encore dans l'expectative. En effet, la Dreal de Midi-Pyrénées estime que le projet basé sur de l'hydroélectricité, ne relève pas du dispositif d'obligation de rachat. Si c'est confirmé, la collectivité envisage de se tourner vers des acheteurs privés et de revoir le bilan financier. « Nous nous étonnons de la réponse de la Dreal. Avec notre système 100 % gravitaire, nous ne faisons que valoriser une énergie dissipée. Nous sommes dans l'esprit de l'Union européenne qui demande à baisser les émissions de gaz à effet de serre », justifie Benoît Legeay qui garde l'espoir de faire fonctionner cette année le dispositif installé par Veolia.