Le Syndicat intercommunal d'assainissement de Rennes nord (Siarn) a décidé de s'attaquer aux micropolluants et, en particulier, aux résidus médicamenteux. Une étude sur trois ans vient d'être lancée en partenariat avec son délégataire, Saur. Objectif ? Réaliser un suivi des résidus médicamenteux de l'entrée à la sortie de la Step de la Noë Huet à Betton (35) qui traite 22 000 EH puis, d'estimer l'impact d'un traitement complémentaire. « Lors de la renégociation de la DSP en 2011, nous avons souhaité que les candidats proposent des projets de recherche sur les perturbateurs endocriniens », précise Tiphaine Blot du Siarn. Saur, alors délégataire, a proposé ce projet qui l'intéresse à plus d'un titre. « Il y a un réel enjeu de recherche et développement pour le groupe. En effet, le syndicat récupère les effluents d'un hôpital – le CHP SaintGrégoire – sur sa Step qui possède deux filières de traitement en parallèle : une filière historique à boues activées et une plus récente de traitement membranaire. La conjonction était idéale pour mettre en place une étude », détaille Fabrice Hazard, directeur du centre Loire et Vilaine de Saur. Le délégataire avait déjà travaillé avec le centre hospitalier universitaire de Poitiers (86) pour tenter de prédire les concentrations de molécules rejetées dans les eaux usées. Le CHU a donc participé à cette étude pour établir la liste des molécules à suivre depuis le CHP Saint-Grégoire en fonction des prescriptions quantitatives de médicaments et de leur métabolisation par le corps humain. Une trentaine de molécules ont pour l'instant été retenues comme les analgésiques, les antibiotiques, certaines utilisées en cancérologie, cardiologie, dermatologie, neurologie, etc. Le syndicat et Saur travaillent aussi en partenariat avec l'école de chimie de Rennes (ENSCR) et un laboratoire privé, la Sodae (Société de diagnostic air eau). « Ils sont chargés de mettre au point des méthodes de quantification et de qualification de ces molécules à l'échelle industrielle dans l'eau et dans les boues », précise Fabrice Hazard.
Les résidus seront donc suivis aux trois points d'évacuation des effluents de l'hôpital, puis en entrée de la Step. L'efficacité des deux filières de traitement sera comparée avec des mesures réalisées en sortie des deux traitements et enfin, dans les boues. « Elles sont compostées avec des déchets verts et distribuées aux agriculteurs et aux particuliers. Il est donc important pour nous d'en savoir plus sur leur composition », détaille Tiphaine Blot. Saur installera par la suite un pilote du procédé Carboplus P, à base de charbon actif en poudre, développé par sa filiale Stereau. « Cela permettra de vérifier les abattements réalisés sur des molécules jusqu'alors peu étudiées sur les eaux usées et de confirmer l'intérêt du procédé en complément d'une filière membranaire », ajoute Fabrice Hazard.