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EAU

EAU DE GRENOBLE FACE AUX ENJEUX DE SÉCURISATION

LA RÉDACTION, LE 1er JANVIER 2014
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En Isère (38), la société publique locale (SPL) Eau de Grenoble créée au 1er janvier 2014 gère la production d'eau potable et sa distribution sur Grenoble. Elle assure également diverses prestations de service à quelques communes de l'agglomération grenobloise (Sassenage, Varces-Allières-et-Risset, Seyssins, La Tronche). Exploité depuis la fin du XIXe siècle, le site de production de Rochefort (200 000 m3 /jour) s'étend sur plus de 100 hectares au sud de l'agglomération, sur la commune de Varces. Cinq puits captent l'eau de la nappe alluviale du Drac. L'infiltration des eaux superficielles de la vallée du Drac dans les alluvions fluvioglaciaires qui forment le réservoir souterrain permet à l'eau de Grenoble d'acquérir sa minéralisation et son exceptionnelle qualité qui la rend consommable sans aucun traitement, ni même filtration mécanique. Un périmètre de protection des captages, défini dès l'année 1967, s'étend sur plus de 2 300 hectares pour limiter l'impact potentiel des activités sur la ressource souterraine. Cette protection a montré son efficacité puisque l'eau distribuée n'a, à ce jour, jamais nécessité de désinfection. Bien avant la mise en place du renforcement des consignes liées à l'application du plan Vigipirate (plan Biotox du 26/09/2001, circulaire DGS n° 2001/487/ DE du 11 octobre 2001), Eau de Grenoble a entrepris des investissements lourds et mis en œuvre une organisation interne des activités pour limiter les actes de malveillance autant sur la ressource souterraine que sur les réseaux de distribution. La première mesure de sécurisation des installations a consisté à clôturer le périmètre de protection immédiate sur un linéaire de plus de 7 km autour des captages grenoblois et du réservoir de stockage sur les hauteurs de Grenoble. L'entretien régulier du grillage (rapiéçage des trous et tension des fils) et le renforcement de la clôture sont des charges financières à ne pas négliger. En outre, dès le début des années 2000, des sondes de mesure en continu ont été installées pour suivre les variations des paramètres physico-chimiques classiques (pH, conductivité, température, turbidité) sur le réservoir de stockage principal et, à partir de 2010, dans les puits de captage. Une dizaine de chambres de mesure ont également été créées sur les conduites maîtresses du réseau de distribution. Elles sont toutes instrumentées en sondes de suivi de la qualité physico-chimique. Des alarmes de dépassement de seuils minimaux et maximaux sont reportées sur les écrans de supervision pour détecter une éventuelle dégradation de l'eau distribuée. Une batterie de sondes portatives de mesure de qualité physicochimique des eaux est à disposition pour effectuer des tests de qualité comparatifs. Depuis 2005, un investissement très important a permis le déploiement d'alarmes et de vidéosurveillance. La force du dispositif de sécurité d'Eau de Grenoble réside dans la présence humaine 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 des opérateurs en charge du suivi de bon fonctionnement des installations et de l'analyse des défauts et alarmes qui arrivent sur les écrans de supervision et de vidéosurveillance. En cas de besoin, l'intervention des équipes d'astreinte est alors considérablement plus efficace puisque l'agent posté peut leur transmettre un prédiagnostic (traçabilité des événements successifs et effets sur la qualité de l'eau). Associé à la vidéosurveillance, le système peut préciser le lieu de l'intrusion ou, au contraire, éviter des interventions inutiles. La vidéosurveillance implique cependant de bien déterminer les besoins pour choisir les équipements les mieux adaptés : caméras infrarouges ou caméras standards associées au déclenchement d'un éclairage sur détection de présence, par exemple, fréquence accélérée d'enregistrement des images sur détection, nombre et dimensionnement des enregistreurs numériques, nombre d'écrans de vidéosurveillance en fonction des postes de travail… La durée de vie de ces équipements est relativement courte, en moyenne cinq ans, car ils fonctionnent en permanence. Jusqu'en 2009 les accès aux sites et ouvrages étaient protégés par des serrures dont le cylindre renforcé était adapté aux sites sensibles, comme les ouvrages et les périmètres de production d'eau et de stockage avant distribution sur le réseau public. Un organigramme d'accès établi permettait de distribuer des clés en fonction de la nécessité d'accès du personnel selon son métier. En 2009, Eau de Grenoble a choisi de moderniser son système grâce à la solution de la société Locken spécialisée dans la commercialisation de contrôle d'accès sans câblage et le paramétrage de droits d'accès directement au sein de clés électroniques. Les droits qui sont délivrés sont temporaires. Cet avantage est appréciable puisque si une clé est égarée ou dérobée, elle peut être rapidement désactivée par l'administrateur du système. D'autres équipements plus classiques complètent ce dispositif de sécurité, du type porte blindée ou potelets anti-effraction sur les locaux les plus sensibles. Un plan de sûreté interne et de secours regroupe toutes les consignes à tenir par le personnel en cas de pollution des eaux afin d'optimiser les réactions des intervenants face, notamment, à un acte de malveillance. Par sécurité, la station de pompage de Rochefort a été dotée d'un poste de chloration de secours prêt à être mis en service sur injonction de l'autorité préfectorale en cas de survenance d'une pollution d'ampleur de la ressource souterraine. Un second poste de chloration mobile permet de désinfecter un secteur localisé du réseau de distribution. Jusqu'à présent, les mesures de sécurisation des installations gérées par Eau de Grenoble se sont avérées efficaces. Pour autant, la réévaluation du risque et de l'adaptabilité de nos outils de surveillance représentent des enjeux permanents.


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