2013 a été une grande année pour Aqualter : changement de nom (anciennement Ternois), obtention de deux marchés de construction de stations d'épuration, à Chartres (28) et Papeete, en Polynésie française, et surtout, un premier contrat pour son procédé d'hygiénisation des boues, Tersolyge, complémentaire du séchage solaire, Tersolair.
Le séchage solaire – déjà 40 références en France – est une solution adaptée aux collectivités de taille moyenne. « Tersolair coûte moins cher qu'un sécheur thermique, à la fois en investissement et en exploitation », explique Thierry Poveda, directeur technique d'Aqualter. Les boues, après avoir été déshydratées dans une presse, sont réparties de manière homogène dans une serre en polycarbonate par un pont automatisé de 6 à 11 mètres de largeur, en fonction des volumes à traiter. « La couche mesure 20 cm de hauteur maximum pour éviter la fermentation et donc les odeurs », précise Thierry Poveda. Les boues sont ensuite retournées toutes les deux heures par l'automate et des ventilateurs embarqués sur le pont permettent d'augmenter la vitesse de séchage et de transformation en toute saison. Résultat : en deux à trois semaines, les boues atteignent une siccité de 80 % et prennent la forme de granulés. Leur volume est ainsi divisé par quatre. Cependant, pas de miracle : dans nos contrées tempérées, le séchage solaire seul ne suffit pas à obtenir ce résultat. La serre est donc dotée d'un plancher chauffant pour l'hiver. « Nous utilisons une pompe à chaleur qui récupère les calories des eaux traitées en sortie de Step pour chauffer le plancher », tempère Thierry Poveda. Par rapport à des boues chaulées, le procédé consomme un peu plus d'énergie mais le volume réduit des boues diminue les coûts d'évacuation et les coûts environnementaux. Sur la future Step de Chartres, d'une capacité de 160 000 EH, Aqualter estime que chaque année on pourrait éviter de rejeter 130 tonnes de CO2 et qu'au bout de dix ans, 2,75 millions d'euros de transport pourraient être économisés.
À Papeete, la station d'épuration de 12 000 EH, extensible à 50 000 EH, le procédé sera complété par Tersolyge. L'objectif ? Hygiéniser les granulés de boues pour transformer ce déchet en produit. Pour cela, il faut qu'ils présentent une efficacité fertilisante et une certaine innocuité. Tersolyge permet donc d'éliminer les micro-organismes grâce à une vis dans laquelle les granulés de boues circulent pendant six heures à 95 °C. Bien que proposé systématiquement dans tous les projets, le procédé sera pour la première fois mis en œuvre à Papeete. « Cette solution est intéressante économiquement pour les collectivités qui n'ont pas la possibilité d'épandre, d'incinérer ou de composter leurs boues à proximité », précise Loïc Darcel, le P-DG de l'entreprise. Des essais sont prévus au printemps prochain avant d'installer le dispositif dans la nouvelle Step.