Le nouveau directeur général de l'Onema, Paul Michelet, est conscient des enjeux qui l'attendent. Il arrive avec la mission cruciale de participer à la préfiguration de la future Agence française pour la biodiversité (AFB) qui englobera quatre établissements publics, dont l'Onema. La loi devrait être adoptée d'ici à cet été, et l'agence créée début 2017. À 58 ans, l'ancien directeur de l'agence Rhin-Meuse connaît parfaitement les rouages du monde de l'eau. Il allie la rigueur qu'exige la fonction avec une certaine dose de spontanéité, de franc-parler et une propension au dialogue. « Je suis entré dans ce domaine par la porte très technique de la maîtrise d'œuvre publique », explique celui qui était alors chef du service des équipements publics ruraux au sein de la direction départementale de l'agriculture et la forêt de la Loire. À l'agence de l'eau Rhône-Méditerranée Corse, où il reste quinze ans, il explore tous les métiers : redevances, assainissement, pollutions diffuses, etc. Il suit avec enthousiasme l'apparition des premiers Sdage. « Les questions de gouvernance m'ont intéressé et ne m'ont plus jamais quitté », explique-t-il. Il élargit ensuite son champ d'action à l'envi-ronnement en devenant directeur régional de l'environnement de Lorraine. Un atout non négligeable pour mieux appréhender les futures missions de l'AFB. Sept années à la direction de l'agence Rhin-Meuse lui ont permis de participer à la concertation au sein du comité de bassin et d'apprécier le rôle de médiateur. « Dépasser les oppositions formelles pour arriver à construire des décisions, c'est ce qu'il y a de plus intéressant dans ce métier. Encore plus lorsque la situation est compliquée », analyse-t-il. Le défi de la création de l'AFB est donc à la hauteur de ses ambitions, lui qui est notamment chargé du dialogue social et de l'accompagnement au changement, mais aussi de la préparation du premier contrat d'objectif et de sa traduction budgétaire. « La création de l'AFB n'est pas qu'une question d'effectifs et de budget. Il faut savoir comment elle va s'insérer dans l'écosystème de tous les acteurs de la biodiversité, et s'interroger sur sa mise en œuvre progressive dans le temps », assure-t-il. L'année s'annonce donc dense pour Paul Michelet, qui pourrait prendre de nouvelles fonctions au sein de l'AFB une fois celle-ci opérationnelle.