Sécheresse précoce, restrictions d’usage dans de nombreux départements, nappes phréatiques qui peinent à se recharger : l’été 2026 confirme ce que nous observons depuis plusieurs années sur le terrain. Longtemps considérée comme une ressource acquise et abondante, l’eau s’impose désormais comme un déterminant stratégique pour l’économie touristique.
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Nous faisons le pari inverse. Cette contrainte peut au contraire devenir un formidable moteur d’innovation, à condition d’être anticipée collectivement et non subie individuellement. Les exemples d’adaptation se multiplient, en Nouvelle-Aquitaine et au-delà. À Biarritz (64) par exemple, le remplacement des douches de plage par un mobilier hydro-économe a permis jusqu’à 80 % d’économie d’eau, sans dégrader le service proposé aux baigneurs. Au Parc du Futuroscope (86), une stratégie environnementale globale vise une réduction de 30 % de la consommation d’eau par visiteur, notamment grâce à une solution qui valorise les urines en fertilisants agricoles. Ce sont plus de 2 000 m³ d’eau potable qui sont économisés chaque année. Sur la Côte d’Azur, le Golf de Cap Estérel (83) a investi dans une technologie de traitement par ultraviolets pour recycler ses eaux usées et sécuriser l’arrosage de ses parcours, réduisant ainsi sa dépendance à l’eau potable.
Ces exemples révèlent que la question de l’eau ne peut plus se penser à l’échelle d’une entreprise, ni d’un territoire. Elle engage des équilibres beaucoup plus larges, entre tourisme, agriculture, industrie et usages domestiques. Elle appelle une coordination entre une diversité d’acteurs : opérateurs privés, collectivités, experts. Ce constat nous a conduit à créer un groupe de travail Eau-Tourisme durable pour associer l’expertise d’ADI en innovation territoriale et en tourisme durable, et l’expertise de Soltena sur les solutions eau et son réseau de professionnels qualifiés.
Notre conviction est simple : les établissements qui sauront rapidement transformer cette contrainte en innovation gagneront un avantage concurrentiel, au même titre que l’empreinte carbone, vis-à-vis d’une clientèle de plus en plus sensibilisée aux enjeux environnementaux. À l’inverse, ceux qui attendront la contrainte réglementaire pour agir risquent de découvrir, trop tard, que la sobriété hydrique ne se décrète pas dans l’urgence.
L’eau ne doit plus être l’angle mort des stratégies touristiques, mais devenir un sujet de gouvernance, de coopération territoriale et d’innovation à part entière. C’est ce à quoi nous invitons, dès aujourd’hui, l’ensemble des acteurs de la filière.