Sur un réseau d’eau potable s’étendant sur 1 200 kilomètres et alimentant 97 000 habitants, arbitrer entre les chantiers est un défi complexe. Avec un budget nécessairement limité, le SMEA de la Basse Limagne s’est fixé des objectifs ambitieux : renouveler 1,15 % de ses canalisations et 2,30 % de ses branchements chaque année. Son patrimoine est évalué à 360 millions d’euros. Pour optimiser ces investissements, le syndicat refuse d’intervenir au hasard. « Renouveler un linéaire qui ne fuit pas mobilise le budget annuel sans faire progresser le rendement du réseau ! », rappelle Nicolas Mialon, directeur technique du SMEA.
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Grâce aux outils Twin Patrimonial et Twin Exploitation développés par Leakmited, le SMEA croise l’ensemble des données de son réseau : âge et matériau des conduites, historique des casses et analyses de la qualité de l’eau (notamment les problématiques de CVM). L’outil établit ainsi une hiérarchisation objective des conduites à remplacer, facilitant la préparation du programme pluriannuel d’investissement 2027-2029.
Cette analyse devient un levier clé de concertation avec les 44 communes membres. Chaque année en mai, le SMEA recense les projets municipaux de voirie et d’assainissement. En 2026, deux à trois opérations prioritaires ont ainsi été proposées à chaque commune afin de regrouper les chantiers. Synchroniser le remplacement des canalisations avec les travaux de voirie évite de rouvrir la chaussée quelques mois plus tard, réduisant significativement les coûts pour la collectivité. Parallèlement, Twin Exploitation centralise les données des débitmètres pour guider les équipes sur le terrain. Alors que la moyenne nationale du taux de renouvellement plafonne à 0,6 % par an, la Basse Limagne fait figure de modèle. En modélisant le patrimoine et en rationalisant ses infrastructures, le syndicat investit aujourd’hui au bon endroit pour préserver le service d’eau de demain.