Jérémie Steininger rappelle que le bilan de Météo-France, publié le 3 septembre, confirme l’été le plus chaud jamais mesuré en France, avec 24 °C de moyenne, 53 jours de vague de chaleur contre 33 en 2022, et un déficit de pluie proche de 40 %. Il souligne que début septembre, 61 % des points suivis par le BRGM restaient sous les normales de saison, l’Office français de la biodiversité recensant 1 424 cours d’eau de tête de bassin en rupture d’écoulement, 30 de plus qu’en 2022. Pour lui, un compteur qui plafonne signale la limite de ce que la restriction sait faire, puisqu’elle gère la pénurie sans ajouter un mètre cube.
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Le délégué général note aussi des avancées : l’arrêté du 29 juillet 2026, publié le 14 août, ouvre à titre expérimental de nouveaux usages domestiques des eaux impropres à la consommation humaine. Il précise que l’ATEP avait déposé 39 observations lors de la consultation de juin, dont une dizaine reprises dans le texte, et relève que plusieurs préfectures ont exclu l’eau de pluie récupérée de leurs interdictions d’arrosage, une pratique qu’il appelle à harmoniser entre départements.
Le logement, premier gisement de mètres cubes
Pour Jérémie Steininger, le vrai chantier reste devant nous : le logement est le premier poste de consommation d’eau potable en France, avec près de 150 litres par jour et par habitant, quand le programme SobriEau vise une cible de 50 litres. Il cite des opérations d’adhérents ATEP : une résidence de 124 logements pour jeunes actifs visant 92 % d’autonomie en eau de pluie, un projet de cinq logements en Bretagne visant 85 % d’autonomie, ou un bâtiment du Village des Athlètes recyclant près de 90 % de ses eaux grises et noires. Il cite aussi Barcelone, où le recyclage des eaux grises est obligatoire depuis le 19 juillet dans les immeubles neufs de seize logements et plus.
Deux échéances pour transformer l’essai
Jérémie Steininger identifie deux échéances déterminantes. Le projet de loi « Relance et décentralisation du logement », adopté au Sénat le 8 juillet, vise deux millions de logements d’ici 2030 en procédure accélérée avant l’ouverture de la session le 1er octobre : une fenêtre courte, selon lui, pour poser la question de l’eau au même titre que celle de l’énergie, sachant qu’équiper un logement dès sa conception coûte trois à cinq fois moins cher que réhabiliter ensuite. Il évoque aussi la directive DERU 2, attendue avant août 2027, qui abaissera le seuil de l’assainissement collectif de 2 000 à 1 000 équivalents-habitants.
Pour le délégué général de l’ATEP, les solutions existent et les entreprises sont prêtes : ne pas intégrer l’eau dans deux millions de logements ne relèverait plus, après l’été 2026, de la négligence, mais d’un choix.