Avant de chercher à grappiller quelques points de rendement, priorité au bon dimensionnement de sa chaufferie. « Je vois beaucoup de grosses chaudières au bois surdimensionnées, qui s'arrêtent l'été, le gaz prenant le relais pour l'eau chaude sanitaire », déplore Clément Mabire, directeur général de Thenergie, qui propose à la place une solution mixte bois + solaire. Évidemment, pour un porteur de projet dans le logement social, par exemple, difficile de s'engager sur une puissance précise quand on vous promet à grands coups de Grenelle de futures réductions de consommation, qui mobiliseront certes moins de puissance souscrite, mais dans des proportions difficiles à chiffrer. Il s'agit de voir ni trop juste, ni trop large, or nul n'est devin.
Astuce : en réseau de chaleur, on utilisera le reliquat de puissance libérée par un quartier passé en basse conso pour en raccorder un deuxième, à côté.
À puissance donnée, maintenant, comment obtenir plus de kilowattheures avec la même énergie d'entrée ? Très en vogue il y a une dizaine d'années, la cogénération n'a pas dit son dernier mot. En détendant les gaz de combustion à travers un alternateur qui produit de l'électricité, « la cogénération sert à équilibrer les comptes de l'opérateur », résume un spécialiste. Le courant produit tombe en effet sous l'obligation d'achat par EDF, à un tarif fixé pour douze ans (6,1 à 9,15 c/ kWh). Cette solution est valable y compris sur de petites puissances, à l'image du réseau de chauffage urbain de Versailles (78), qui a testé une microturbine de 100 kWe et 167 kWth affichant un rendement global de 80 % (opérateur : Elyo). Mais on aurait tort de ne pas jouer sur l'effet de masse : une cogénération sera plus « juteuse » sur de grosses installations, sous réserve de bien apprécier les contraintes de raccordement au réseau électrique. « Les réseaux de chaleur sont une infrastructure qui permet de développer des technologies à haut rendement », plaide Franck Lacroix, directeur de Dalkia France.
Attention toutefois à ne pas s'enfermer dans une course à la production où on s'acharnerait à vendre un maximum de kilowattheures électriques en cogénérant des thermies en excès, faute de pouvoir moduler la puissance durant les cinq mois d'hiver sur lesquels court le contrat de rachat.
Dernier point : on pensera à privilégier les chaudières à condensation. En France, « leur taux de pénétration était encore en 2007 plus de deux fois inférieur à la moyenne européenne », rappelle l'association professionnelle Énergies et avenir. Récupérer des thermies sur la vapeur d'eau des gaz de combustion, l'astuce est simple, et elle est applicable à toutes les puissances et tous les combustibles. Y compris le bois. Ökofen, spécialiste de la chaudière à granulés, affirme avoir résolu le problème de la température des gaz de combustion, et s'être affranchi de deux obstacles propres au bois énergie : l'encrassement aux particules et le risque de corrosion sur l'échangeur.