Les 400 gares du réseau Transilien, nom du réseau de trains de banlieue de SNCF Mobilités, sont principalement chauffées au fuel. Depuis plusieurs années des alternatives sont tentées. Par exemple dans les Yvelines, la gare d'Achères Ville, première du genre à bénéficier d'une approche HQE, a profité il y a six ans d'une phase de travaux pour intégrer une pompe à chaleur air-eau avec double flux. Même choix opéré dans la gare de Villepinte, sur la ligne B du RER. Dans les gares de Dourdan ou de Saint-Denis, des systèmes de récupération d’énergie ont été installés. Dans la nouvelle gare Rosa-Parks (ligne E du RER) s'invitent aussi pompe à chaleur et panneaux photovoltaïque, en vue d'en faire, « à moyen terme, un lieu au bilan carbone positif ».Une première pour le réseauJusqu’à maintenant les remplacements se faisaient au profit des systèmes sus évoqués ou d'un raccordement au gaz urbain. De quinze à vingt chaudières sont ainsi remplacées chaque année, pour des gains atteignant par gare de 20% à 50% d’économies d’énergie. A Gretz-Armainvilliers, en Seine-et-Marne, la nouveauté est que le fioul vient d'être remplacé par une chaudière à granulés de bois, fraîchement mise en service. Sa technologie développée par ÖkoFEN « utilise non seulement un combustible plus écologique », communique-t-on chez Transilien, mais son rendement est également plus élevé et constant qu'une chaudière classique, et ce « même à très basse température ». Sa puissance peut être modulée de 100 à 10 % de la puissance installée. Contrôlable à distance par ordinateur, elle est dotée d'un ballon stockant le surplus d’eau chaude, laquelle est restituée en cas de besoin « sans que les chaudières n’aient à redémarrer ». Ce remplacement a coûté 105 000 euros. C'est deux fois plus qu'une chaudière classique. Mais celle-ci consommera au maximum quarante tonnes de granulés par an, soit un coût de fourniture de 10 000 euros. L'économie annuelle, par rapport aux commandes habituelles de fuel, est estimée à 9 000 euros. L'investissement devrait donc être rentabilisé en moins de six ans. Morgan Boëdec