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Tribune | « La France doit investir dans le renouvelable pour mieux maîtriser sa politique énergétique »

Par Jean-François Petit, Directeur Général de Q Eenergy France. Publié le 13 juin 2022.
Tribune | « La France doit investir dans le renouvelable pour mieux maîtriser sa politique énergétique »
Jean-François Petit, Directeur Général de Q Energy France. Crédit : Q Energy
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La stratégie énergétique de la France est largement fondée sur le nucléaire. Pour répondre à la double problématique de sécurité d’approvisionnement énergétique et décarbonation de l’énergie, Jean-François Petit, Directeur Général de Q Energy France, appelle à « revoir les conditions d’autorisation des projets de production d’énergie renouvelable » afin d’encourager l’éolien et le solaire. 

En février dernier, le Président Emmanuel Macron annonçait la construction de six nouveaux EPR, laissait la porte ouverte au déploiement de huit réacteurs supplémentaires et affirmait le souhait de prolonger tous les réacteurs qui peuvent l’être au-delà de 50 ans. Une relance du secteur nucléaire motivée par la volonté d’asseoir l’autonomie énergétique du pays mais aussi de contribuer à décarboner la production énergétique hexagonale. Prévue, en théorie, pour 2035, la mise en service des premiers EPR de ce plan pourrait en effet permettre de compenser d’importantes baisses de production dans les secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre tout en palliant la hausse prévue de la consommation.

Sur le long terme, le nucléaire pourrait donc jouer un rôle décisif en vue d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050, condition sine qua non fixée par le GIEC pour prévenir les conséquences les plus dévastatrices de la crise climatique. Mais l’impératif de sécuriser et de décarboner la production d’énergie se fait sentir dès aujourd’hui et exige que des solutions immédiates et à coûts maitrisés soient trouvées pour inverser dès aujourd’hui les courbes d’émission de gaz à effet de serre.

Les avantages du solaire et de l’éolien offshore

Le plan de sortie progressive de la dépendance aux énergies fossiles présenté par l’exécutif s’appuie donc sur un « second pilier », celui du développement des énergies renouvelables. Après avoir reconnu que la France était en retard sur ses objectifs en la matière, le chef de l’Etat a ainsi fait des annonces décisives concernant l’éolien et le solaire. L’objectif d’une capacité installée de production solaire de 100 gigawatts a notamment été fixé pour 2050. Un choix ambitieux qui implique un rythme de déploiement de 5GW à 6GW chaque année, la capacité installée étant aujourd’hui estimée à 12,4GW.

A l’horizon 2050 également, la feuille de route évoquée prévoit la construction d’une cinquantaine de parcs éoliens en mer afin d’atteindre une capacité de 40GW. Des choix forts dont on ne peut que se féliciter tant ils sont nécessaires à la décarbonation progressive du mix énergétique français. Pour concrétiser ces objectifs, il est notamment indispensable que l’Etat et son administration accélèrent la cadence pour autoriser régulièrement et annuellement des volumes de projets solaires et éoliens maritimes jamais atteint.

L’éolien terrestre : le mal aimé des énergies renouvelables

Ces intentions louables ne s’étendent cependant pas à toutes les formes de production d’énergie renouvelable. L’éolien terrestre a ainsi vu ses objectifs de déploiement largement revus à la baisse. Alors que le doublement des capacités de production sur ce secteur, et l’atteinte des 37GW de capacité installée, étaient prévus pour 2030, cet objectif a été reporté à… 2050.

Une chute drastique des ambitions qui compromet potentiellement de nombreux projets au nom de la préservation des paysages dans un contexte de campagne électorale. Pourtant de nombreuses études sur l’acceptation locale des projets éoliens montrent que ceux-ci ne font que rarement face à une opposition forte et que les demandes des habitants et élus concernés peuvent souvent être entendues dans le cadre des concertations faites par les opérateurs sans menacer l’intégralité des projets. Contraire aux impératifs de développer dès maintenant un mix énergétique diversifié et le plus décarboné possible, ce recul se justifie donc difficilement. Car l’éolien terrestre peut rapidement produire de grandes quantités d’électricité à coût maîtrisé sur plus de 20 ans, répondant ainsi à la double problématique de sécurité d’approvisionnement énergétique et de maîtrise du coût de l’énergie.

Il est donc nécessaire d’accélérer les procédures administratives, d’améliorer le dialogue entre les services instructeurs et les opérateurs et de libérer les projets éoliens des freins administratifs.

Projets bloqués, pourquoi leurs donner leur chance

Au-delà des déclarations de principe et des objectifs affichés par l’exécutif, le déploiement opérationnel des sites de production d’énergie renouvelable fait en effet face à de nombreux obstacles réglementaires : procédures de demande de dérogation espèces protégées ou encore avis systématiquement défavorables du Conseil National de la Protection de la Nature (CNPN). De nombreux projets solaires et éoliens sont en effet prêts à être déployés et pourraient être mis en production en quelques mois s’ils recevaient les permis nécessaires et bénéficiaient d’appels d’offre tarifaires dimensionnés adéquatement. Dans la pratique il s’agit donc de donner leur chance à ces projets en supprimant des freins administratifs contraires aux intérêts stratégiques et économiques du pays comme aux nécessités écologiques. Car les projets ainsi bloqués sont non seulement des atouts géopolitiques, en ce qu’ils permettraient de développer l’autonomie énergétique du pays plus efficacement encore que le nucléaire, mais aussi une importante manne financière potentielle. Via le mécanisme du complément de rémunération, le solaire et l’éolien pourraient en effet rapporter entre cinq et six milliards d’euros par an à l’Etat dès 2022.

Alors que l’urgence écologique est plus manifeste que jamais et que la nécessité de bâtir l’autonomie énergétique du pays est rendue plus pressante par la montée des tensions géopolitiques, les choix politiques d’aujourd’hui pèseront de tout leur poids sur les conditions de vie futures des Français et, plus largement, des générations à venir. Revoir les conditions d’autorisation des projets de production d’énergie renouvelable éolien et solaire devrait donc être une priorité pour permettre aux ambitions affichées de se traduire de façon concrète et à court terme.
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