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[Tribune] Mobilité partagée : les entreprises ont leur rôle à jouer dans la décarbonation du territoire

[Tribune] Mobilité partagée : les entreprises ont leur rôle à jouer dans la décarbonation du territoire
Par Aude Launay, fondatrice et directrice générale de Flexy Moov, le 27 juillet 2020.
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La fondatrice et directrice générale de Flexy Moov, Aude Launay, revient sur la remise en cause de nos déplacements pendant la crise sanitaire et le confinement. Elle estime qu’il s’agit de "repenser nos mobilités", notamment en développant l’autopartage.

La crise sanitaire et économique exceptionnelle que nous traversons nous aura enfin permis de repositionner le sujet de la mobilité à sa place légitime dans l’agenda politique. Le grand plan de relance de 8 milliards d’euros d’Emmanuel Macron vers un modèle de véhicules électriques et hybrides est une bonne nouvelle pour l’industrie automobile. C’est aussi et surtout une bonne nouvelle pour l’environnement. Mais si l’électrification des véhicules est l’une des solutions pour réduire nos émissions de CO2, elle est loin d’être suffisante pour prendre un virage vraiment efficace vers la mobilité propre. 

Une mobilité déjà repensée, mais non appliquée

Le télétravail forcé a révélé le non-sens de nos habitudes de déplacements : 150 heures sont perdues tous les ans dans les embouteillages à Paris et sa proche banlieue. Et pourtant, pendant le confinement, nous avions presque oublié l’époque où des voitures vides et à l’arrêt stationnaient quotidiennement sur des axes bondés, provoquant une pollution insupportable, tant atmosphérique que sonore et olfactive. La probabilité d’un retour à la mobilité subie telle que nous la connaissons est grande mais elle n’est pas inévitable. Oui, les mesures sanitaires nous amènent à repenser la mobilité pour le monde de demain. Pourtant, plusieurs acteurs tracent déjà la trajectoire d’une mobilité plus douce dans le monde d’aujourd’hui. 

De brillantes idées ont été trouvées pour répondre à ces enjeux : véhicules électriques, covoiturage, télétravail, transports en commun, autopartage… Malheureusement, aucune de ces solutions n’est suffisamment exploitée pour répondre aux enjeux écologiques auxquels nous devons répondre sans attendre. Nous parlons d’intensifier les efforts pour y arriver, mais une mobilité moins systématique et plus adaptée aux besoins de chacun n’est-elle pas enfin simplement une évidence pour tous ? 60 % des Français se sentent dépendants de leur voiture dans la vie quotidienne ! Certes, il faudra accepter le changement et s’adapter dans un premier temps, mais les bénéfices qui en découleront en vaudront la peine : meilleure santé physique et mentale, productivité et motivation accrue, pouvoir d’achat renforcé, en plus d’un impact sur l’environnement minoré. Les citoyens sont pour, les collaborateurs sont prêts, mais doit-on dire, comme d’habitude ? Les entreprises sont en retard par rapport à leurs attentes. Elles doivent à présent prendre leurs responsabilités et embrasser le changement.

Oui à l’électrification des flottes mais surtout, oui au partage !

Aujourd’hui, la plupart des flottes automobiles de grandes entreprises regroupent des véhicules thermiques destinés à un seul salarié – considéré comme privilégié. Plus on avance en hiérarchie, plus la motorisation augmente... Ce modèle n’est plus souhaitable si nous voulons placer la variable environnementale au premier plan. Un certain pourcentage de salariés éligibles souhaite même renoncer à cette forme d’avantage. L’autopartage en entreprise serait déjà un élément de solution, qui permettrait déjà de commencer à répondre aux premières attentes de ces salariés. Encore trop négligé, il permettrait pourtant de réduire considérablement le nombre de véhicules en circulation, même si le véhicule restait thermique - une voiture en autopartage retirant mécaniquement en effet entre 5 et 8 véhicules en circulation…

Imaginons les bienfaits sur la qualité de l’air si nous arrivions à instaurer cette nouvelle mobilité dans nos habitudes de déplacement en entreprise ! Allons plus loin : couplons cette solution à tous les autres avantages qui seraient liés à la multi-modalité. Là encore, les constats sont sans appel : les salariés ont besoin de flexibilité et les entreprises doivent répondre à ce besoin en proposant un mode de transport adaptable et flexible. La variable mobilité doit donc être placée parmi les priorités stratégiques des entreprises !

Certaines entreprises peuvent penser qu’une mobilité moins  systématique et plus flexible va à rebours de leurs objectifs économiques. Mais les faits sont là : 60 % des salariés considèrent qu’une entreprise qui propose des solutions variées de déplacement améliore son attractivité. Vient s’ajouter un contexte économique en nécessité de nouveaux talents et là encore, la mobilité à son rôle à jouer : 1 jeune sur 3 considère la politique de développement durable d’une entreprise comme critère indispensable dans son choix de carrière. A ces constats rappelons que la conjoncture économique va obliger les entreprises à faire des économies. Et les flottes privées coûtent cher : plus de 7 milliards d’euros par an en France ! Le partage permet de faire très concrètement et très rapidement de véritables économies puisque l’investissement en véhicules est fortement amoindri.

Les politiques RSE des entreprises sont de plus en plus poussées, mais rares sont celles qui placent la mobilité au cœur de leurs propositions. Pourtant, les bénéfices seront prometteurs pour leur développement et le bien-être de leurs salariés. Mais surtout, elles doivent aussi répondre, à leur échelle, à un enjeu de santé publique : la pollution atmosphérique est responsable de 48.000 décès par an en France. Quand l’entreprise se sentira-t-elle en capacité de répondre à ce sujet dans le cadre de sa propre responsabilité ? Les entreprises, au même titre que les collectivités, les institutions et les citoyens, ont le devoir de participer à la décarbonation des territoires.  La construction d’un monde meilleur, plus sain, plus juste, ce « monde de demain », appelé par de nombreuses voix à la sortie de la crise du Covid, n’est peut-être pas si utopique qu’on le croit : il suffit d’y aller pas à pas, et de commencer par ce qui est facile, économiquement intéressant et souhaité par tous ! Par la mobilité par exemple.
Aude Launay, fondatrice et directrice générale de Flexy Moov / DR
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