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Juniors convaincus

LA RÉDACTION, LE 1er DÉCEMBRE 2006
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Permanent, et après ? Si les associations permettent d'obtenir un premier job, on y reste rarement très longtemps. Comment rebondir ensuite ? « Le problème, lorsqu'on travaille en association, c'est qu'on ne gagne pas bien sa vie, analyse Céline Lauverjat, qui était coordinatrice du Réseau Action Climat en 1999. J'ai quitté le monde associatif en partie pour améliorer mon pouvoir d'achat. » Elle ne renie pas pour autant cette expérience, qui a donné un coup de fouet à sa carrière. « Malgré un DEA et un DESS spécialisés en environnement, j'ai passé plusieurs mois au chômage, raconte-t-elle. Ce poste m'a permis de m'orienter vers le climat, de faire mes armes et de tester ma motivation sur ce sujet. » Au bout d'un an dans l'association, Céline Lauverjat a été débauchée par le cabinet Andersen puis par la Caisse des dépôts, où elle travaille aujourd'hui à la direction des financements décentralisés. Dans la plupart des cas, le passage par la case association est synonyme de tremplin. « Mon travail chez WWF a marqué un tournant décisif dans ma vie professionnelle, constate Pascale Robinet, chargée de communication de l'association de 1993 à 1998. J'y ai découvert les enjeux liés à la biodiversité. En cinq ans, je me suis fait une culture sur laquelle je vis encore maintenant. » Travaillant actuellement comme indépendante en communication environnementale, Pascale Robinet met à profit les compétences accumulées au WWF, mais ce n'est pas tout : « Quand je me suis installée à mon compte, j'ai activé mes anciens contacts, cela m'a permis de démarrer », confie-t-elle. Surtout, ne jetez pas votre carnet d'adresses ! « On n'est pas nombreux dans une asso, explique Pascale Robinet. On finit par connaître les personnes chargées de communiquer vers les associations. Or, elles occupent souvent des postes décisionnels. » Et ce sont elles qui vous ouvrent des portes pour la suite de votre carrière. Comme pour Laurent Coméliau, secrétaire permanent de 4D de 1995 à 2001 : « Les têtes pensantes du développement durable qui gravitent autour de l'association m'ont permis de rejoindre les services du Premier ministre pour préparer le sommet mondial de Johannesburg. » Lorsqu'il quitte son association en 2001, Laurent Coméliau entre au Comité français pour le sommet mondial du développement durable, dont le président était à la tête de 4D de 1995 à 1997. En sortant, vous connaissez donc les bonnes personnes ; par ailleurs, vous les intéressez à plus d'un titre. « Dans une association, on devient débrouillard, estime Laurent Coméliau. On monte les projets de A à Z, on doit être capable de trouver des financements aussi bien que des prises électriques ! » On apprécie également votre réactivité et votre ténacité. Le fait de s'investir dans une action militante témoigne d'un réel intérêt pour le sujet. « On a un esprit combatif, poursuit Laurent Coméliau. On veut faire avancer les dossiers et pas juste s'assurer une carrière de fonctionnaire sans vagues. » Mais attention à ce que cela ne se retourne pas contre vous. Si vous étiez un militant très engagé, les portes ne s'ouvriront pas si facilement, même si vous êtes expert dans un domaine. « Quand on sait que vous êtes capable de dénoncer des dysfonctionnements, on vous craint », constate Michèle Rivasi, présidente de la Criirad de 1986 à 1997, puis députée de Valence de 1997 à 2002. « Quand je n'ai pas été réélue en 2002, ça a été un peu galère de retrouver un poste, reconnaît-elle. Heureusement que j'étais enseignante ! »


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