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POLITIQUES

En attendant le btl...

LA RÉDACTION, LE 1er DÉCEMBRE 2006
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Avec trois véhicules neufs sur quatre vendus en version diesel, une consommation de plus de 30 millions de tonnes de gazole et un objectif de 7 % de carburants alternatifs d'ici à 2010 « sans modification technologique, les surfaces agricoles seront trop petites pour assurer ces 7 % sans perturber l'équilibre alimentaire », pronostique Philippe Guillard, au ministère de l'Industrie. Face à cet enjeu, Renault, DaimlerChrylser, Shell, Sasol Chevron et Volkswagen ont fondé l'Asfe (Alliance pour les carburants synthétiques en Europe) pour promouvoir les filières GTL (gas to liquid), CTL (coal to liquid) et BTL (biomass to liquid). Ces trois procédés permettent d'obtenir un carburant liquide compatible avec les moteurs Diesel actuels, respectivement à partir de gaz naturel, de charbon et de biomasse lignocellulosique. Le GTL est le plus avancé, avec des usines opérationnelles en Malaisie et en construction au Nigeria et au Qatar, pour un potentiel de production de 400 000 à 600 000 barils par jour d'ici à dix ans. Selon l'Asfe, le GTL pourrait couvrir 4 % de la demande mondiale de gazole en 2015. Néanmoins, s'il permet de sortir du tout-pétrole, le GTL provoque autant d'émissions de CO2 que les sources traditionnelles. « Ce n'est qu'une étape pour ouvrir la voie au BTL, qui permet de réduire les émissions de CO2 de 90 % », assure au nom de l'Asfe Luc-Alexandre Menard, directeur des relations extérieures chez Renault. La construction d'une usine expérimentale en Allemagne marque le début de l'industrialisation du BTL. Fruit d'une collaboration entre Choren Industrie et Shell, elle devrait produire 310 barils par jour en 2007. Total a également signé un protocole d'accord avec le finlandais Neste Oil pour construire une unité de biogazole de deuxième génération. « Le BTL n'en est qu'au stade expérimental, et les chiffres le concernant sont spéculatifs, reconnaît Wolfgang Lüke, représentant de Shell au sein de l'Afse. Nous estimons toutefois qu'il devient compétitif sans subventions lorsque le baril de pétrole atteint 80 $. » En attendant, le développement du BTL sera donc soumis aux volontés politiques. « Rien n'est prévu dans la loi de finances 2007, mais nous sommes ouverts à la prise en compte de ces carburants synthétiques, déclare Philippe Guillard. Le BTL est celui qui correspond le mieux à la politique énergétique française. Il suffit de caractériser le produit et de prouver ses caractéristiques environnementales. »


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